Villepin : sans troupes ni projet....

Publié le par tutti 49

Villepin: sans troupes ni projet, à quoi joue-t-il ?

Laureline Dupont - Marianne | Lundi 20 Juin 2011 à 05:01 Ce dimanche 19 juin,
la convention nationale de République solidaire a réuni 250 personnes, deux parlementaires, deux anciens ministres et un Dominique de Villepin passionné. Bref, rien qui ressemble de près ou de loin à un parti politique en ordre de bataille pour l'élection présidentielle.



(Photo : DR)
(Photo : DR)
Le 19 juin 2010, Dominique de Villepin lançait son mouvement en grande pompe à la halle Freyssinet . Un an plus tard, jour pour jour, c'est à la Maison de l'Amérique latine que l'ex-Premier ministre reçoit les cadres de son parti, réunis pour la convention nationale de République solidaire. Du choix du lieu au nombre de participants en passant par son projet présidentiel, le pire ennemi de Sarkozy est apparu plus isolé que jamais. Ce qui ne l'a pas empêché de prononcer un discours enflammé, truffé d'incohérences, à la limite du mystique. Villepin a la foi, et c'est visiblement son dernier soutien.

Lieu symbolique

Selon Le Nouvel Observateur, devant l'évanouissement de ses troupes, Villepin le mégalo aurait renoncé au palais des Congrès et opté pour un lieu de taille plus modeste. 
Avec la maison de l'Amérique latine, les équipes villepinistes espéraient sans doute justifier le choix du lieu par la symbolique. En octobre 2009, le leader de RS avait déjà pris ses quartiers dans ce bâtiment du boulevard Saint-Germain le temps d'une soirée. Près d'un millier de personnes  s'étaient alors bousculées pour écouter son discours.
Ce 19 juin 2011, dans le jardin de la Maison de l'Amérique latine, seules 250 personnes accueillent l'ancien occupant de Matignon. Cruelle comparaison.

Troupes minimalistes

A la tribune, Brigitte Girardin tente de faire bonne figure, aidée dans sa tâche par Azouz Begag, Marc Bernier, député de Mayenne, et Jean-Pierre Grand, député de l'Hérault. « Le chemin vers 2012 va être difficile, les obstacles ne manqueront pas, reconnaît la secrétaire général du mouvement. La meilleure réponse aux attaques c'est le sourire ! » Pas certain que cela suffise… 
Mais où sont donc passés les parlementaires villepinistes ? François Goulard, soutien historique de l'ex-Premier ministre manque à l'appel. L'annonce d'un rapprochement possible avec Jean-Louis Borloo aurait-il refroidi les plus fidèles supporters de Dominique de Villepin ?



Projet léger

Pour rassurer ses troupes qui doutent, Villepin se lance dans un discours animé. Après avoir énoncé les deux devoirs de son parti, « le devoir de rassemblement à la base de la reconquête de la France et le devoir d'alternative », le possible candidat se félicite des nombreuses « mains tendues » par les autres candidats, preuves, selon lui, de l'intérêt porté à son mouvement. « Réjouissons-nous de ces mains tendues à RS qui n'a pas d'autres ambitions que celle de servir les Français. » La phrase est applaudie, pourtant, elle recèle une bonne dose d'ambiguité. Servir les Français en se présentant en 2012, servir les Français en ralliant un autre candidat, ou servir les Français en négociant carrément un poste avec Sarkozy ? Evidemment, Villepin se garde bien de le préciser.

Puis vient le temps des propositions. Baroques. « Je propose qu'au lendemain de l'élection, le projet présidentiel devienne réalité par référendum. » Dans ces conditions, à quoi bon se déplacer pour élire un président ? 
Villepin plaide également pour une gouvernance resserrée, « 10 ministres au lieu de 30 », la création d'un conseil territorial qui réunirait les présidents des « huit régions métropolitaines », le lancement d'un conseil national stratégique destiné à aider les PME, et la fin du cumul des mandats, exigence classique mais toujours utile quand on n'a rien à proposer… 
Villepin annonce ensuite fièrement que son projet présidentiel comporte deux idées phares : la citoyenneté et l'égalité. Hormis le « revenu citoyen » de 850 euros qui a tant fait hurler au sein même de République solidaire, difficile de dire ce que renferment ces « idées phares ».

Après 45 minutes de discours, l'ex-Premier ministre a conclu : « Nous sommes un mouvement capable de nous remettre en question. » Une formule pour préparer au retrait ?



 

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