Ségolène Royal et José Bové : même combat

Publié le par tutti 49

Ségolène Royal et José Bové : même combat

La présidente de la Région s'est fait témoin engagé au procès intenté à José Bové pour un nouvel arrachage de maïs transgénique.

Ségolène Royal et José Bové côte à côte pour la photo. « C'est le concile d'icônes », ironise un journaliste.

La Madone du Poitou-Charentes est venue soutenir le Déboulonneur de Mc Do, poursuivi devant le tribunal de Poitiers pour une énième « destruction de biens en réunion », autrement dit l'arrachage d'un demi-hectare de maïs transgénique Monsanto le 15 août 2008 dans la Vienne.

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Une centaine de faucheurs volontaires avaient participé à l'opération. S'ils ne sont que sept à se retrouver sur le banc des prévenus, c'est que ce sont les seuls à avoir, un peu naïvement, revendiqué leur acte devant les gendarmes. José Bové, lui, n'avait rien reconnu, mais ce sont les gendarmes qui l'ont reconnu sur les clichés.

« Je ne me suis pas invitée, a tenu à préciser Ségolène Royal, lors d'un point presse. C'est José Bové qui m'a demandé de venir témoigner à son procès, compte tenu du combat de la Région contre les cultures d'OGM. »

Ce que l'intéressé a confirmé, saluant le rôle pionnier du Poitou-Charentes, « première région à avoir interdit les OGM dès 2004 ». Alors, cette rencontre, ce n'est pas pour la photo ? « Cessez de dégrader nos combats, a lancé la présidente aux médias. Nous ne sommes pas dans un plan communication, mais dans un combat de fond. »

Il était 15 h 35 quand Ségolène Royal s'est avancée à la barre des témoins. La voir prêter serment, la main droite levée, jurant de « dire toute la vérité, rien que la vérité », fut un moment rare.

La patronne de Poitou-Charentes a parlé de Poitou-Charentes.

Au bout de trente-cinq minutes d'un exposé très scolaire, le tribunal n'ignorait plus rien des AOC (appellation d'origine contrôlée), IGP (indication géographique protégée), labels rouges (55 au total), dont s'enorgueillit la Région.

Ce « patrimoine » aurait été « balayé », a-t-elle ajouté, si des cultures OGM l'avaient « contaminé ». « Les faucheurs volontaires ont ainsi sauvé des dizaines de milliers d'emplois. Si je les soutiens, c'est pour valoriser le devoir d'alerte qu'ils représentent ».

Une prise de position qui a laissé l'avocate de Monsanto, Maï Le Prat, pantoise : « Alors, vous encouragez une infraction ? Vous êtes comme Pasqua, vous dites '' Qu'importe les moyens puisque la cause est juste'' . »

Quant au procès, il avait un air de déjà entendu. Principe de précaution contre nécessité de la recherche, obscurantistes antisciences contre apprentis-sorciers, Astérix des champs contre multinationales de la semence, on connaît la chanson.

Les parties civiles ont réclamé plus de 200 000 € de dommages et intérêts pour leurs préjudices. Le procureur a requis des peines d'amendes pour les huit prévenus, la plus lourde (10 000 €) étant réservée à José Bové, le multirécidiviste.

La défense, par la voix de Mes Marie-Christine Etelin et Nicolas Gallin, a plaidé la relaxe au nom de « l'état de nécessité », argument rejeté pourtant à huit reprises par la Cour de cassation.

Mais, mieux que le soutien de Ségolène Royal, c'est le Code de procédure pénale qui pourrait cette fois sauver José Bové et ses amis. Le parquet n'a pas pointé dans sa citation à comparaître le bon article du Code rural. Ce qui, selon Me Etelin, la frappe de nullité.

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