Ségolène Royal est prète

Publié le par tutti 49

Ségolène Royal est prête !

Comme on le dit d'un athlète en compétition, Ségolène Royal est à présent dans les blocs de départ. Quand le coup de feu de l'ouverture officielle de la Primaire socialiste retentira, on la verra s'élancer aussitôt. De quelle candidature s'agira-t-il alors ?

Si l'on analyse avec soin le comportement qu'elle a manifesté lors de ses derniers déplacements en province (Nancy, Toulouse, Laval, Pau), à l'occasion de la dernière UPP avec Jean-Pierre Chevènement, à la mairie du IVème arrondissement de Paris, et dans l'émission d'Itélé, Elysée 2012, on tient la réponse : c'est une autre femme que nous allons découvrir, en parfaite adéquation avec le rôle de Présidente qui pourrait l'attendre. Une femme à la hauteur de la mission suprême, calme, digne et déterminée à changer notre société.

De ce comportement, soulignons les composantes majeures !

Capacité de résistance


Il n'est pas de personnalité politique capable d'accéder aux plus hautes fonctions qui n'ait eu à affronter la tempête, car la vie politique n'est pas souvent un long fleuve tranquille. Sur ce plan, Ségolène Royal a eu sa part, et bien plus que sa part.

Elle a connu la défaite de 2007. Défaite plus qu'honorable, si l'on veut bien se rappeler le taux exceptionnel de la participation citoyenne (84%) et le nombre de voix obtenu (près de 17 millions). Chiffres que précisément aucun candidat de gauche n'a pu recueillir avant elle et que ses détracteurs ont voulu à toute force effacer au plus vite !

Elle a subi la trahison des siens, ces éléphants à l'ego surdimensionné, et ce machisme qui avait déjà frappé auparavant Edith Cresson, et ce déni de reconnaissance qui fit fleurir les pires calomnies sur sa compétence et ses convictions spirituelles.

En cette année 2011, le système infernal des complicités entre Médias-Sondeurs-Politologues n'a cessé de la maltraiter, au point même de gommer carrément son nom pour tenter de la faire disparaître du paysage.

Face à ce déchaînement, Ségolène Royal n'a cessé de résister, fidèle en cela au titre de l'un de ses livres, toujours rester « une femme debout ». Et c'est cette personnalité d'airain que le poste de Président(e) de la République réclame.


Recherche de dépassement

La fermeté de Ségolène Royal dans l'engagement et la ligne de conduite l'a portée à se placer constamment au-dessus de la mêlée.

Si elle a eu un moment, peu après la défaite de 2007, l'envie compréhensible de se situer hors du PS, elle a vite surmonté cette velléité. Et cela n'a jamais été au prix d'un enfermement paralysant dans l'un des courants de l'appareil socialiste.

Sous François Hollande, le PS a cessé pendant dix ans d'être le laboratoire d'idées fertile depuis les années 1970. Il a troqué insidieusement ses habits de plate-forme idéologique contre une juxtaposition d'écuries de petits chevaux. Il n'est qu'à s'attarder un instant sur le nombre de candidats socialistes présumés à la Primaire de 2011 : il y a ceux qui pourraient y aller mais attendent le dernier moment ; ceux qui y vont, n'y vont plus, y retournent quand même ; ceux qui y vont pour un petit intérêt personnel, etc. En ce qui la concerne, Ségolène Royal s'est lancée d'emblée, dans la plus grande clarté.

De 2007 à 2011, les sondeurs ont imposé leur loi, ils entendent désormais créer l'événement en politique en dictant leur choix de duels au sommet et peu nombreux sont au PS ceux qui les rejettent. Il n'est qu'à remarquer l'argument que présentent les postulants socialistes à la Primaire : ils se disent « en situation » de l'emporter. Qui décide de cela, sinon les sondeurs ? Risible manière d'avouer qu'on obéit aux sondages du moment. A ce compte, Ségolène Royal serait dans les oubliettes ! Or, elle a affirmé haut et fort qu'elle refusait de laisser les sondeurs déposséder le peuple de son droit de décider souverainement de son favori.

Travail d'approfondissement


La récente UPP avec Jean-Pierre Chevènement était la 17ème du genre. Et Ségolène Royal a participé aux UPP depuis le début, elle y est constamment intervenue, elle a imposé que chacune soit synthétisée sur le site national de Désirs d'avenir.

Depuis février 2011, sa façon de faire campagne a multiplié les visites de terrain, les voyages d'études, les rencontres d'experts. Jamais elle n'a craint les confrontations, y compris avec Sarkozy lui-même et devant les agriculteurs victimes de la sécheresse.

Ce travail d'approfondissement de sa pensée, de ses connaissances, de ses convictions n'a cessé d'être en relation avec son action en région Poitou-Charentes. Il en est sorti le positionnement qu'elle est la seule à tenir au sein du PS, en faveur d'un autre modèle de développement humain. Elle est en effet la seule à pouvoir parler de façon parfaitement crédible de la conversion écologique et sociale de l'économie, parce qu'elle la pratique vraiment et constamment sur le terrain. C‘est ce qu'elle nomme « la politique par la preuve ». Et cela se passe dans une région de France saluée à juste titre par le Programme des Nations-Unies pour le Développement comme un terrain d'excellence en ce domaine.

Ce travail d'approfondissement vise aussi ce qu'il faut appeler la construction de soi. Qui ne voit que Ségolène Royal a acquis une forme de sérénité à la tribune ? La voix de l'oratrice a gagné en inflexions, les gestes se sont libérés, le sourire confiant s'affiche, les silences opportuns et les traits d'humour apparaissent. A présent, elle ne lit plus ses textes, elle les dit et les incarne, parfaitement impliquée dans son énonciation.

Proposition d'une Voie


Ségolène Royal manifeste un comportement irréprochable, elle tient la ligne de la militante socialiste exemplaire qui vit son éthique à chaque instant. Jamais une attaque contre ses concurrents directs. Jamais une infraction à la discipline de parti comme à la règle de solidarité.

Bien sûr, si elle respecte le projet socialiste voté démocratiquement, elle réaffirme à chaque occasion l'existence de ses fondamentaux. C'est pourquoi elle rappelle avec force les piliers d'une action de gauche préparant un autre socialisme : la Nation sans le nationalisme, la République bonifiée par la démocratie participative, l'Etat protecteur de l'ordre juste

comme de la sécurité de chacun et stratège pour les services publics, l'économie plurielle respectueuse de l'économie solidaire, la laïcité tournée vers la fraternité.

Mais ce qui importe avant tout, et que la Primaire enfin ouverte fera éclater au grand jour, c'est que Ségolène Royal est porteuse d'une vision d'avenir, d'une aspiration à un autre monde. En ce sens, son programme dépassera de loin telle ou telle réforme particulière pour montrer une voie, celle d'une « révolution silencieuse ». Et c'est ce que nous attendrons d'elle : une politique de civilisation.

Noël Nel
Auteur de « Pour un nouveau socialisme » aux Editions L'Harmattan.

  


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