Ségolène invitée de Soir 3

Publié le par tutti 49

Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 16:11


S. Royal à Soir 3: soutiens, ralliements, "l’élection présidentielle, ce n’est pas le congrès du PS. Les Français rejettent les opérations d’appareil, nous devons nous adresser à eux"

 

S3-on-ne-sortira-pas-crise.jpg

 

Ségolène Royal était l’invitée de Soir 3 politique sur France 3, à 22h15 hier soir. Elle était interrogée par Francis Letellier, rejoint ensuite sur le plateau par Patrice Machuret, du service politique de France 3. Tout au long de l'émission, Ségolène Royal s’est inscrite dans la proposition face à des Etats européens et un Etat français inactifs.

Particulièrement en forme, Ségolène Royal a traité, à partir de l’actualité sur la Grèce, premier point, de la moralisation du capitalisme financier, proposant une réforme bancaire en deux volets : que les pays européens ensemble « obligent les banques à consacrer une partie de leurs fonds à financer les entreprises, c’est-à-dire l’économie réelle », et que « sur la spéculation », on prélève « une taxe, puisque les socialistes européens ont proposé une taxe de 0,005% qui permet de produire 200 milliards d’euros ».

Deuxième point, la candidate aux primaires socialistes a également proposé « que l’Europe protège, de façon ciblée et circonstanciée, son industrie », notamment lorsque « les pays concurrents ne respectent pas les normes sociales ». Elle a ensuite souligné « qu’il ne s’agit pas de mettre des barrière de protectionnisme sur toute l’Europe, mais ciblées sur les industries qui sont injustement concurrencées par les pays émergents ».

Interrogée sur le refus de donner un coup de pouce de François Fillon à donner un coup de pouce au SMIC au 1er juillet, Ségolène Royal a martelé : « Je pense que c’est scandaleux. » ; rappelant que dans le même temps le gouvernement faisait un cadeau fiscal aux plus riches – un allègement de l’ISF de 2 milliards d’euros. Face à l’inaction du gouvernement, Ségolène Royal a fait des propositions concrètes :

« Moi je propose un coup de pouce au SMIC bien évidemment, mais surtout le blocage de 50 produits de première nécessité alimentaires et d’entretien, dans tous les réseaux de distribution, pour que les Français puissent faire leurs courses sans voir leur pouvoir d’achat diminuer et je propose le blocage du prix de l’énergie. »


S1-Grece.jpg

 

Interrogée sur la primaire socialiste, Ségolène Royal a rappelé les valeurs de cette élection nouvelle. Elle a remis les pendules à l’heure en ce qui concerne les attaques de l’UMP et du gouvernement, « un prétexte » : « je comprends l’inquiétude de l’UMP sur le risque de réussite des primaires », « devant les Français, nous, nous apparaissons comme mettant en place la démocratie participative, alors que l’UMP se voit imposer un candidat sans même que les militants UMP ou les sympathisants UMP n’aient le droit de choisir ».

Interrogée sur ses soutiens et les ralliements en cours au PS, la candidate socialiste a tenu le rôle qu’elle s’impose depuis des mois, celui de garante de l’unité du parti face à ceux qui peuvent vouloir le diviser, cités par Francis Letellier :

« Moi je considère que l’élection présidentielle, ce n’est pas le congrès du Parti socialiste. […] Tout ce qui peut diviser le Parti socialiste n’est pas conforme à l’esprit des primaires, ni à l’esprit de l’élection présidentielle. »

Enfin, interrogée sur la « politique des radars », Ségolène Royal a été très claire et percutante, et a proposé une démarche très différente de celle du gouvernement :

« Vous savez, je vais vous étonner, mais je pense que derrière, la motivation, c’est une question de pouvoir d’achat. C’est-à-dire que les gens sont fatigués d’en prendre sur la tête de tous les côtés. […] Il faut tout revoir, il faut mettre les choses à plat, il faut consulter les gens, il faut faire les choses avec sérieux et ne pas chercher à remplir les caisses de l’Etat en frappant les automobilistes au détour de chaque rue»

Frédérick Moulin

 

Ségolène Royal invitée de "Soir 3 Politique" par segolene-royal

 

 

Transcription par Militants de l’Espoir À Gauche avec Ségolène Royal /F.M.

Dans Soir 3 politique, Francis Letellier reçoit Ségolène Royal. Dans une dizaine de jour, les candidatures pour les primaires du PS seront officiellement ouvertes. Quelle place entend prendre Ségolène Royal ? Quels sont ses axes de campagne ? 2012 est-elle gagnable pour la gauche ?

Francis Letellier : Ségolène Royal bonsoir.

Ségolène Royal : bonsoir

Francis Letellier : avant de parler de la présidentielle, on va parler de ce qui se passe en Grèce, puisque la Grèce est au bord de la faillite, les ministres de l’Eurogroupe, les ministres des Finances de l’Eurogroupe sont réunis en ce moment. Il va falloir certainement de nouveaux sacrifices en Grèce en échange d’une rallonge budgétaire. Est-ce qu’il y a une autre solution ?

Ségolène Royal : mais la vraie question c’est de savoir si ce remède de cheval, qui a déjà été imposé à la Grèce et à d’autres pays a donné des résultats. La réponse est non, donc on va remettre encore une deuxième louche de ce remède de cheval ? Mais la situation sera encore pire qu’aujourd’hui, on voit d’ailleurs les peuples se soulever, puisqu’il y a non seulement une crise économique, mais aussi une crise sociale, et maintenant la crise politique dans les pays.

Donc il faut que la crise que nous subissons serve à changer de chemin et à trouver une autre voie. Comment ?

Francis Letellier : dans l’immédiat ? Voilà.

Ségolène Royal : dans l’immédiat. Qu’est-ce qu’il faut faire dans l’immédiat ? D’ailleurs, ça a été dit, à chaque fois qu’il y a des réunions du G20, du G8, des ministres des Finances, il y a toujours les mêmes mots qui sont utilisés, et les actes ne suivent jamais. Quels sont ces mêmes mots ? C’est d’abord, premièrement, moraliser le capitalisme financier. C’est quoi moraliser le capitalisme financier ? C’est mettre des taxes sur les transactions financières pour qu’enfin la finance soit au service de l’économie, c’est-à-dire que les banques servent à financer les entreprises et non pas l’inverse.

Francis Letellier : mais ça pourrait se faire dès maintenant, vous croyez, par exemple pour la Grèce ?

Ségolène Royal : mais Barack Obama l’a bien fait aux Etats-Unis d’Amérique, donc ce qu’il faut, c’est que l’ensemble des pays européens, et là les ministres des Finances sont réunis, qu’est-ce qu’on attend d’eux ? Qu’ils fassent la réforme bancaire, c’est-à-dire qu’ils obligent les banques à consacrer une partie de leurs fonds à financer les entreprises, c’est-à-dire l’économie réelle, et sur le reste, sur la spéculation, à prélever une taxe, puisque les socialistes européens ont proposé une taxe de 0,005% qui permet de produire 200 milliards d’euros.

 

S2-on-ne-sortira-pa-avec-ce-modele.jpg

Ségolène Royal : "Il y a des solutions possibles pour changer de modèle. On ne sortira pas de la crise dans ce modèle, c’est clair."

Donc il y a des solutions qui sont possibles, et moi ce que je veux dire au peuple qui nous écoute, c’est qu’il y a des solutions possibles pour changer de modèle. On ne sortira pas de la crise dans ce modèle, c’est clair.

Francis Letellier : alors, est-ce que vous avez l’impression que la France est à l’abri, parce que Nicolas Sarkozy le dit : « La France a bien traversé la crise. ». Est-ce qu’on est à l’abri de ça, de ce qui se passe en Grèce ?

Ségolène Royal : si on ne change pas de système, personne ne sera à l’abri. Donc il y a trois piliers pour changer de ce système : le premier, je viens de l’évoquer, c’est moraliser le capitalisme financier.

Le second, c’est que l’Europe protège, de façon ciblée et circonstanciée, son industrie. Il ne s’agit pas de remettre des Frontières protectionnistes sur toute l’Europe, mais quand même, est-ce que l’on eut accepter que depuis 10 ans il y a un tel démantèlement de l’industrie européenne, parce que les pays concurrents ne respectent pas les normes sociales

Francis Letellier, pendant que Ségolène Royal parlait, puis lui coupant la parole : alors comment ? En relançant la TVA sociale comme le propose Eric Besson ? Il ne parle pas de TVA sociale, mais c’est un peu l’idée c’est-à-dire alléger les charges des entreprises, mais faire porter les rentrées financières sur la TVA, et sur l’achat des produits étranger notamment, est-ce que ça peut être une solution ?

Ségolène Royal : sûrement pas. C’est une solution absurde. Pourquoi ? Parce qu’elle va provoquer une hausse des prix, donc c’est une TVA antisociale, totalement antisociale. Et là, il y a déjà un grave problème de faiblesse du pouvoir d’achat qui approfondit la crise économique, alors que c’est en augmentant le pouvoir d’achat des gens qu’on va donner des marchés aux entreprises, des débouchés aux entreprises, donc on va relancer la production. Si on ne relance pas la production, il n’y aura rien à distribuer. C’est vrai pour la Grèce, c’est vrai pour l’Espagne, c’est vrai pour la France. Donc ça c’est le deuxième pilier, c’est protéger, c’est…

Francis Letellier, lui coupant la parole : et juste avant d’a… avant d’aller au troisième, parce que, vous parlez de pouvoir d’achat…

Ségolène Royal, lui coupant la parole : mais est-ce que vous avez bien compris ce que je voulais dire ?

Francis Letellier : … mais… à peu près.

Ségolène Royal : non, non, mais par rapport à la TVA, ce qu’il faut, c’est, je…

Francis Letellier : absolument.

 

S4-cibler-pays-emergts-injustemt.jpg

Ségolène Royal : "Il ne s’agit pas de mettre des barrière de protectionnisme sur toute l’Europe, mais ciblées sur les industries qui sont injustement concurrencées par les pays émergents"

Ségolène Royal : attendez, je répète bien, parce qu’il y a un débat sur le protectionnisme, et je dis bien qu’il ne s’agit pas de mettre des barrière de protectionnisme sur toute l’Europe, mais ciblées sur les industries qui sont injustement concurrencées par les pays émergents.

Francis Letellier : alors vous parliez de pouvoir d’achat. Le gouvernement annonce une augmentation du SMIC en août, François Fillon, dans Nice Matin ce week-end, a estimé qu’il n’y aurait pas de coup de pouce parce que ce serait une erreur économique. Qu’est-ce que vous en pensez de ça ?

Ségolène Royal : je pense que c’est scandaleux. Pourquoi c’est scandaleux ? Parce qu’aujourd’hui l’indice des prix ne reflète pas la réalité de la hausse des prix, il suffit de faire ses courses, hein, pour le voir, il suffit de regarder aujourd’hui le rapport du Médiateur de la République, qui dit que 15 millions de Français aujourd’hui finissent le mois avec moins de 50 euros en poche, y compris les retraités à basse retraite, est-ce que c’est normal ça ? Non ce n’est pas normal.

 

S5-50-000-policiers.jpg

Ségolène Royal : "Cet allègement coûte à l’Etat 2 milliards d’euros, et aujourd’hui il va refuser d’augmenter le SMIC ? 2 milliards d’euros, c’est l’équivalent du fonctionnement de 1000 écoles maternelles, c’est le recrutement de 50 000 policiers"

Moi ce que je propose, je propose, écoutez, le gouvernement vient d’alléger l’ISF. Cet allègement coûte à l’Etat 2 milliards d’euros, et aujourd’hui il va refuser d’augmenter le SMIC ? 2 milliards d’euros, c’est l’équivalent du fonctionnement de 1000 écoles maternelles, c’est le recrutement de 50 000 policiers.

Francis Letellier : alors vous proposez, vous disiez, vous…

 

S6 50 prod pour Frçs courses

Ségolène Royal : "Je propose un coup de pouce au SMIC bien évidemment, mais surtout de l’autre côté le blocage de 50 produits de première nécessité alimentaires et d’entretien, dans tous les réseaux de distribution, pour que les Français puissent faire leurs courses sans voir leur pouvoir d’achat diminuer et je propose le blocage du prix de l’énergie"

Ségolène Royal : moi je propose, puisque c’est une question de pouvoir d’achat, je propose un coup de pouce au SMIC bien évidemment, mais surtout de l’autre côté le blocage de 50 produits de première nécessité alimentaires et d’entretien, dans tous les réseaux de distribution, pour que les Français puissent faire leurs courses sans voir leur pouvoir d’achat diminuer et je propose le blocage du prix de l’énergie. Et si le SMIC n’augmente pas, si les bas salaires n’augmentent pas, on va encore avoir des millions de Français qui vont basculer dans la précarité, et le coût social de la précarité, il est très important.

Francis Letellier : on va parler maintenant des primaires du Parti socialiste parce que le calendrier va s’accélérer dans les jours qui viennent. Le 28 juin, c’est bientôt, c’est dans 9 jours, ce sera l’ouverture des dépôts de candidature, et d’ores et déjà vous allez voir, l’UMP tire à boulets rouges, et parle même de fichage à propos des primaires.

-oOo-

GUeant.jpg

 Claude Guéant : la liste de ceux qui se sont exprimés, et en affirmant une sympathie à l’égard du Parti socialiste, va permettre d’obtenir une sorte de liste des opinions politiques des Français. Je propose que le Parti socialiste nous dise quand il va détruire, dans quel délai très rapide et sous quelles conditions de contrôle, et puis le débat sera clos.

-oOo-

Monteb.jpg

 Arnaud Montebourg : il n’y aura pas de fichage, sauf des personnes – ce n’est pas un fichage – des personnes qui voudront donner leur mail ou leur adresse, si elles veulent recevoir des informations du candidat désigné, pourront le faire mais sur une base volontaire. Tous les émargements seront, sous la responsabilité des présidents de vote, ce sont des recommandations de la CNIL, détruits immédiatement.

-oOo-

Francis Letellier : alors pourquoi la droite critique autant les primaires ? Patrice Machuret, du service politique de France 3 nous rejoint et va peut-être nous éclairer. Patrice bonsoir.

Patrice Machuret : bonsoir.

Francis Letellier : c’est un calcul politique ou un principe de précaution ?

Patrice Machuret : bien, on peut dire que pour l’UMP, l’Elysée, c’est d’abord la peur de l’inconnu. Si la primaire socialiste réussit, elle peut ringardiser la majorité, son candidat naturel. Cette rupture dans le processus de désignation d’un candidat à la présidentielle est venue du Parti socialiste. En octobre prochain, c’est le PS qui va donner le fameux tempo du début de campagne, ce tempo que Nicolas Sarkozy veut maîtriser pour gagner. Au final, les primaires socialistes vont peut-être mobiliser plusieurs millions de sympathisants à l’aune de la campagne, du jamais vu, d’où le risque pris par le pouvoir en place : attaquer ces primaires, quitte à faire mauvais joueur, pour ne pas dire mauvais perdant.

Mais pour l’UMP et l’Elysée, il y a aussi quand même un problème moral dans l’organisation technique des primaires, qui a été soulevé par Claude Guéant ce soir encore, basé sur les listes électorales. À l’issue des votes, le PS va disposer d’une liste de sympathisants de gauche, tous ceux qui seront venus signe les listes d’émargement. Dès le début, le Parti socialiste s’est engagé à les détruire sous contrôle d’huissier, mais sur 11 000 bureaux de vote, comment être sûr que ces listes ne seront pas auparavant détournées, consultées ou copiées.

Alors, Ségolène Royal, est-ce que vous comprenez les inquiétudes de l’UMP et de l’Elysée sur l’utilisation de ces listes, et quelles garanties supplémentaires vous pouvez accorder ?


S6-je-comprends-risque-primairesUMP.jpg

Ségolène Royal : "Je comprends l’inquiétude de l’UMP sur le risque de réussite des primaires"

Ségolène Royal : je comprends l’inquiétude de l’UMP sur le risque de réussite des primaires, puisque bien évidemment nous allons, puisque ces primaires seront réussies, grâce à un débat politique de qualité, permettre à des millions de Français de s’associer au choix du candidat de la gauche qui va battre Nicolas Sarkozy. Donc je comprends que la droite essaye de mettre des bâtons dans les roues à ce souffle démocratique que nous voulons soulever, qui modernise…

Patrice Machuret, lui coupant la parole : sur l’utilisation des fichiers, quand même, qui pose problème, pendant quelques heures, quelques jours, sur ce point, qu’est-ce qui…

Francis Letellier : il y a des garanties à donner, voilà, c’est ce que disait Patrice.

 

S7-c-est-ca-qui-gene-l-UMP.jpg

Ségolène Royal : "Mais pourquoi est-ce qu’à droite, il n’y a pas de primaire ? C’est cela qui gêne l’UMP. Parce que tout d’un coup, devant les Français, nous, nous apparaissons comme mettant en place la démocratie participative, alors que l’UMP se voit imposer un candidat sans même que les militants UMP ou les sympathisants UMP n’aient le droit de choisir"

Ségolène Royal : je pense que c’est un prétexte. Pourquoi c’est un prétexte ? Parce qu’à ce moment là les gens vont dire : « Mais pourquoi est-ce qu’à droite, il n’y a pas de primaire ? Pourquoi est-ce que la droite ne choisit pas entre Nicolas Sarkozy et un autre candidat ? Pourquoi là n’y a-t-il pas de choix ? » C’est cela qui gêne l’UMP. Parce que tout d’un coup, devant les Français, nous, nous apparaissons comme mettant en place la démocratie participative, alors que l’UMP se voit imposer un candidat sans même que les militants UMP ou les sympathisants UMP n’aient le droit de choisir. Donc cette polémique sur les listes n’est qu’un prétexte.

Pourquoi ce n’est qu’un prétexte ? Parce que les gens sont volontaires pour venir signer, pour venir émarger une liste, donc ça ne les gêne pas qu’on connaisse leur nom.

Francis Letellier : alors choisir entre des candidats au Parti socialiste, mais lesquels ? Parce que Martine Aubry attend, pour l’instant, avant de se déclarer, elle attend le 28 juin probablement, date d’ouverture pour les candidatures pour les primaires PS avant de se déclarer, mais elle commence à engranger des soutiens, finalement, parce qu’il y a des gens qui se déclarent en sa faveur. Est-ce que sa déclaration de candidature va ouvrir la campagne du PS ?

Ségolène Royal : la campagne est déjà ouverte au sens où le Parti socialiste a déjà adopté son projet, sa plateforme, sa plateforme de législature, et puis il y a déjà un certain nombre de candidats qui sont dans la vérité de leur engagement, dont celle qui est devant vous, qui a choisi cette vérité de l’engagement, d’autres candidats ont encore effectivement quelques semaines pour se faire connaître…

Francis Letellier : Martine Aubry, François Hollande, eux engrangent des soutiens, vous, qui sont vos soutiens ?

 

S8-je-considere-que-les-primaires-pas-confres.jpg

Ségolène Royal : "Mais moi je considère que l’élection présidentielle, ce n’est pas le congrès du Parti socialiste"

Ségolène Royal : mais moi je considère que l’élection présidentielle, ce n’est pas le congrès du Parti socialiste. Et je crois que ces appels, ces listes, ces bataillons qui risquent de se mettre en place sont une très mauvaise idée. Tout ce qui peut diviser le Parti socialiste n’est pas conforme à l’esprit des primaires, ni à l’esprit de l’élection présidentielle.

Francis Letellier : (brouhaha des journalistes) donc vous demander de ne pas, de ne pas prendre position, en fait ?

Ségolène Royal : je crains, c’est à dire, nous avons un certain nombre de parrainages à trouver, il n’a pas été dit que ces parrainage, d’ailleurs, devaient être rendu publics, en tout cas en ce qui me concerne je les remettrai entre les mains de la commission d’éthique que préside Jean-Pierre Mignard, mais un congrès qui donne en effet lieu à ces espèces de mobilisations, de listings, de bataillons, comme je le disais à l’instant, ça n’est pas l’esprit des primaires, et moi je ne peux que mettre en garde ceux qui se livrent à ces opérations, parce que je pense qu’elles ne sont pas bonnes pour l’unité des socialistes.

Patrice Machuret : les strauss-kahniens, Jean-Christophe Cambadélis par exemple, viennent de respecter le pacte de Marrakech entre Aubry et DSK, donc rallier la candidature de Martine Aubry. Est-ce que ça, ça ne vous inquiète pas ? Est-ce que vous ne regrettez pas d’être restée finalement dans ce pacte de Marrakech ?

Ségolène Royal : je n’ai aucun commentaire à faire à ces opérations d’appareil politique

Patrice Machuret, lui coupant la parole : (brouhaha des journalistes) non, ce sont des rassemblements d’hommes et d’idées sur un candidat, qui représentent aussi un courant…

 

S9-rejettee-profond.jpg

Ségolène Royal : "Ce sont des opérations de l’appareil politique du PS que les Français rejettent profondément"

Ségolène Royal, lui coupant la parole : ce sont des opérations, ce sont des opérations de l’appareil politique du PS que les Français rejettent profondément, et je pense que nous devons en rester aux règles morales et éthiques de l’organisation de la primaire, c’est à dire nous adresser aux Français en dehors des manœuvres d’appareil.

Francis Letellier : alors on va parler de quelqu’un d’autre Patrice, c’est Olivier Besancenot dont une partie de l’avenir se joue demain.

Patrice Machuret : oui, alors demain au tribunal correctionnel de Nanterre, il sera avec 16 postiers des Hauts-de-Seine. Il comparaît pour séquestration et entrave à la liberté du travail, il risquerait jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Il faut rappeler que le 10 mai 2010, dans le cadre d’une grève, ils auraient – alors, ce qu’ils nient aujourd’hui – séquestré pendant 2 heures des cadres de La Poste. Alors demain, à 13 heures, une manifestation de soutien est organisée devant le tribunal, toutes les figures de gauche ou presque s’y bousculent, Benoît Hamon, Pierre Laurent, Arlette Laguiller, et sans doute Nicolas Hulot. Ségolène Royal, vous aussi vous êtes solidaire d’Olivier Besancenot ? Vous irez demain ?

Ségolène Royal : non, je n’irai pas demain parce que moi je vais sur les causes que j’ai défendues de longue date, je suis allée par exemple avec José Bové, puisque ça faisait des années que je défendais l’idée de sécurité alimentaire et de lutte contre les OGM, mais là, non, je n’ai aucune raison d’aller là, ils sont déjà très nombreux, c’est très bien.

Francis Letellier : Ségolène Royal, et pour 2012 maintenant. Hier vous avez vu que des milliers de motards et d’automobilistes ont manifesté contre les panneaux qui seraient supprimés, qui avertissent les radars, la présence de radars, contre l’interdiction des détecteurs de radars aussi. La sécurité routière va rester un enjeu pour les années à venir. Est-ce que la politique des radars doit être amplifiée, ou est-ce qu’il faut passer à autre chose ?

Ségolène Royal : vous savez, je vais vous étonner, mais je pense que derrière, la motivation, c’est une question de pouvoir d’achat. C’est-à-dire que les gens sont fatigués d’en prendre sur la tête de tous les côtés. Et c’est vrai que l’accumulation des pénalités, des amendes de toutes sortes pour les automobilistes, ça devient insupportable. L’imbécilité d’avoir supprimé les radars dans les zones sensibles, fait en effet qu’un certain nombre de gens se sont révoltés. Pourquoi ? Parce qu’il y avait des radars qui étaient très utiles, qui permettaient au automobilistes et aux motards de ralentir là où c’était sensible, c’était quand même bien l’objectif de la manœuvre. Et par ailleurs, il y a une réforme du permis à points qui a été à contrecourant de la sécurité routière…

 

S10-ralentir-bien-but-manoeuvre.jpg

Ségolène Royal : "Il y avait des radars qui étaient très utiles, qui permettaient au automobilistes et aux motards de ralentir là où c’était sensible, c’était quand même bien l’objectif de la manœuvre"

Francis Letellier, l’interrompant : donc il faut tout revoir ?

Ségolène Royal : il faut tout revoir, il faut mettre les choses à plat, il faut consulter les gens, il faut faire les choses avec sérieux et ne pas chercher à remplir les caisses de l’Etat en frappant les automobilistes au détour de chaque rue.

Francis Letellier : Ségolène Royal, merci d’avoir accepté notre invitation ce soir, dans Soir 3 politique. Notre rappel quotidien, Hervé Ghesquière,  Stéphane Taponier, leurs accompagnateurs ont été enlevés en Afghanistan il y a 537 jours ; une journée de détention supplémentaire également pour les autres otages français dans le monde.

Publié dans Ségolène Royal

Commenter cet article