S. Royal se confronte à Sarkozy

Publié le par tutti 49

La présidente de Poitou-Charentes s'est invitée jeudi à la visite du chef de l'État en Charente, l'un des départements les plus touchés par le manque d'eau.

La présidente de Poitou-Charentes, qui n'avait pas été invitée par l'Élysée à la table ronde qui se tenait dans la salle polyvalente de La Rochefoucauld, en Charente, l'un des départements les plus touchés par le manque d'eau, a fait savoir la veille qu'elle avait bien l'intention de s'imposer.

«Quand Jacques Chirac, le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, venait dans la région, la courtoisie était de mise», a-t-elle souligné, un rien acide. Elle a cependant assuré mercredi avoir été invitée in extremis par le préfet de Charente. «Il ne faut jamais oublier les principes républicains», a-t-elle commenté.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, lors de leur déplacement, jeudi, à La Rochefoucauld (Charente).
 

Après l'immersion en terre corrézienne, où il avait invité le patron du département, François Hollande, voici donc la suite des rencontres à fleurets mouchetés entre Nicolas Sarkozy et les aspirants à sa succession. Alors, pourquoi François Hollande était-il convié en Corrèze et pas Ségolène Royal en Charente?

«Les invitations se font dans un strict cadre départemental», justifie le chef de cabinet du président, Guillaume Lambert. Ainsi, lors du récent déplacement de Nicolas Sarkozy dans le Var, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelle, n'était pas invité.

En revanche, mardi, le président socialiste de la région Bourgogne, François Patriat, était invité - et présent - car le déplacement se déroulait dans le département chef-lieu de la région.

«Si le président s'était déplacé dans les Deux-Sèvres (département dont Ségolène Royal est l'élue, NDLR) ou dans la Vienne (département où siège le conseil régional Poitou-Charentes, NDLR), elle aurait aussi été invitée», précise encore l'Élysée. Conclusion d'un proche du président: «Mme Royal a simplement voulu faire un coup politique.»

«J'ai gardé un très bon souvenir de ma rencontre avec Ségolène Royal à la télévision en 2007», a glissé, plein d'ironie, Nicolas Sarkozy à propos de son ancienne rivale de l'entre-deux-tours, qui, de l'avis des Français, n'était pas sortie gagnante de ce face-à-face.

Ségolène Royal, assise au premier rang, a finalement été invitée en fin de réunion par le président de la République à prendre la parole et présenter ses propositions. Elle a été huée par une petite partie des quelque 1500 personnes venues écouter la table ronde.

Nicolas Sarkozy a eu beau jeu de leur demander aussitôt de se taire. «Si j'étais dans une situation inverse, je suis certain qu'avec votre tolérance bien connue vous me donneriez la parole aussi», a-t-il ajouté à l'adresse de son ancienne adversaire, qui n'a pas raté l'occasion de prendre le micro.

Dans un climat finalement courtois, Ségolène Royal a défendu le plan de 5 millions d'euros voté par sa région, Poitou-Charentes, pour apaiser «la détresse des éleveurs, soit jusqu'à 2500 euros par élevage». Ségolène Royal a ensuite prôné «des mesures pour stopper la spéculation sur le prix du fourrage par un blocage des prix limité à six mois, ainsi qu'une réquisition des céréales».

En réponse, Nicolas Sarkozy a expliqué qu'il préférait «la contractualisation entre céréaliers et éleveurs plutôt que le blocage des prix sur la paille. Les agriculteurs préfèrent qu'on les engage dans un processus de rencontres, ce sont avant tout des chefs d'entreprise », a-t-il rétorqué.

Publié dans Ségolène Royal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article