S. Royal à Nantes

Publié le par tutti 49

Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 09:57

Ségolène Royal lors de la visite hier à à l'Hôtel du Département à Nantes de l'exposition "Liberté, Egalité, Fraternité, une histoire de solidarités" ;

 Ségolène Royal était hier à Nantes, où elle avait été invitée par le président socialiste du Conseil régional de la Loire-Atlantique depuis 2004, Patrick Mareschal.

 

Elle a visité, à l’Hôtel du Département, l’exposition « Liberté, Egalité, Fraternité, une istoire des solidarités », qui portait plus particulièrement sur la fraternité, la solidarité, le mutualisme et l’entraide.

Elle était accompagnée d’un de ses soutiens les plus fidèles, Guillaume Garot, député de la Mayenne et maire de Laval, situés dans la région Pays de la Loire comme Nantes.

 

Le mutualisme, un des thèmes de l'exposition "Liberté, Egalité, Fraternité, une histoire de solidarités"

Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes depuis 1989, président du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche à l’Assemblée nationale, président de la communauté urbaine de Nantes Métropole, très impliqué dans la vie de la région nantaise, était également présent. Il a prononcé une allocution dans laquelle il a salué « l’opiniâtreté » de Ségolène Royal, et est revenu sur le thème de la laïcitéun thème sur le quel Ségolène Royal s’est récemment exprimée – et du mouvement mutualiste – un des thèmes de l’exposition :

« Chère Ségolène, je suis heureux de te saluer, ici à Nantes. Je ne voulais pas manquer ce moment pour te rencontrer, et saluer aussi ton opiniâtreté, parce que si tu as beaucoup de qualités, celle-ci doit être reconnue en premier. Tu ne renonces pas, tu ne renonces jamais, et tu sais combien nos concitoyens attendent pour 2012 un changement en profondeur de la politique de notre pays. (Applaudissements)

 

 

 Donc, je salue très sincèrement cette opiniâtreté, on sait tous qu’on aura un moment à choisir, même si ce choix arrive tardivement, et peut-être trop tardivement par rapport à l’attente politique de nos concitoyens, et nos candidats et nos candidates aux élections cantonales le sentent bien, on ne parle pas seulement du Conseil général dans ces élections, mais on parle aussi de cette attente très forte d’un changement en 2012. Donc à nous d’être à la hauteur.

Et je crois que les semaines qui viennent de s’écouler nous ont montré combien cette attente était justifiée. »

« Il y a des limites à respecter, et cette limite, c’est de dire que, qu’on soit croyant ou incroyant, on a toute notre place dans la République française, et qu’on soit catholique, protestant, juif ou musulman, on a le droit d’exercer son culte dans le respect des lois de la République, et c’est ça la laïcité. Il n’y a pas besoin de mettre ça en débat, c’est notre cœur même du pacte de confiance entre les citoyens, et quand on traverse cette exposition, on voit bien que l’idéal du « vivre ensemble » au-delà des différences des uns et des autres, et quand on voit toute l’histoire du mouvement mutualiste, c’est tout ça qui nous rassemble. C’est notre force. Et la République n’est pas un handicap pour que la France fasse face aux défis qui sont les siens, la République est au contraire le socle sur lequel on doit s’appuyer pour que toutes les réformes qui soient engagées soient toujours engagées sur la base de la justice et de l’égalité. »

Puis Ségolène Royal est a prononcé un discours devant un Patrick Mareschal attentif, d’autant plus que le début du discours lui était directement adressé.

Patrick Mareschal, statisticien de formation, membre du Conseil national de l’information statistique,  a été le premier adjoint de Jean-Marc Ayrault devenu maire de Nantes, de 1989 à 2001. Favorable au retour de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne, contrairement à Jean-Marc Ayrault, il a été le co-fondateur et le premier président du Comité pour l’unité administrative de la Bretagne, rebaptisé de puis Bretagne Réunie, créé en 1980.

Il a annoncé durant l’été 2010 qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections cantonales de cette année.

Ségolène Royal a donc énuméré les grandes réalisations du président du Conseil général, soulignant les innovations du département, et les thèmes communs avec les réalisations de la Région Poitou-Charentes, comme le montre la vidéo de Presse-Océan. Puis le discours devenant plus politique, Jf85750 a réalisé une bande vidéo complémentaire ; le thème de la formation et de l’emploi des jeunes y est abordé à travers celui de la nécessaire solidarité entre les entreprises et la jeunesse. Ségolène Royal traite ensuite longuement de la perte d’autonomie des personnes âgées, terme qu’elle préfère à celui de ‘dépendance’, trop réducteur. Ouest-France nous livre une vidéo sur la fin de son intervention sur ce thème.

 

« Tu es à la fois aimé et admiré de tes concitoyens, et des élus qui t’entourent, et même dans ton opposition, parce que tu as, dès ton arrivée à la tête du Conseil général, souhaité rompre avec une politique de l’opacité, du financement par saupoudrage.

Tu as créé un fonds régional… un fonds départemental pour permettre les équipements publics, les investissements profitant au plus grand nombre. Tu as lancé les contrats de territoire, et si j’ai fait ce lapsus sur le fonds régional, c’est parce que je me retrouve dans cette politique, puisque j’ai créé le fonds régional d’initiative locale, qui est exactement la démarche que tu as mise en place ici, afin de donner davantage à ceux qui ont le moins, au fond, de rééquilibrer les financements publics vers les petites communes.

Tu as milité pour la mise en place des rencontres du département : « J’y vois une manière efficace », je te cite, « de donner de la transparence à l’action publique et de rétablir un dialogue citoyen et de proximité. ». C’est-à-dire de faire progresser, tout simplement, la démocratie départementale.

Tu as été l’ardent et tu es l’ardent défenseur du monde associatif, tu t’es entouré d’acteurs locaux, pour ouvrir des lieux emblématiques à Nantes, une Maison des Adolescents par exemple, un espace départemental de l’adoption.

Je me retrouve tellement dans ces engagements, et je reconnais aussi cette démarche de démocratie participative entre les électeurs et les élus, et que tu as mise en place ici pour être en prise directe avec les habitants.

Je sais également que dès ton arrivée à la tête du Conseil général, tu as été un précurseur. Par exemple, tu as créé un contrat spécifique pour les jeunes ne disposant pas de ressources, le contrat de soutien à l’autonomie des jeunes. Cela constitue l’une des premières mesures sociales, imitées d’ailleurs dans nombre de départements, et maintenant dans nombre de régions.

 

Ségolène Royal lors de la visite hier à à l'Hôtel du Département à Nantes de l'exposition "Liberté, Egalité, Fraternité, une histoire de solidarités" (blog de Jean-Marc Ayrault)

La jeunesse en effet est une priorité. Jamais notre pays n’a connu une telle vague de chômage chez les jeunes, et nous devons engager sur tous les territoires un contrat de confiance, et demander aux entreprises qu’elles se mobilisent pour tendre la main aux jeunes, notamment toutes les entreprises qui reçoivent des fonds publics.

Moi j’estime qu’il est légitime, et je l’ai demandé aux entreprises de ma région, qu’il est légitime de demander aux entreprises qui reçoivent des subventions, des exonérations sociales, ou des exonérations fiscales, pratiquement toutes finalement, puissent en contrepartie tendre la main aux jeunes pour leur donner soit un contrat d’apprentissage, soit une formation par alternance, soit un emploi. Il y a aussi le développement du service civique, qui permet de donner aux jeunes une activité.

Il y aurait beaucoup de choses à dire, je note par exemple combien l’équipe départementale a entamé un bras de fer et s’est mobilisée pour obtenir de l’Etat la compensation des sommes engagées par les collectivités locales à la place de l’Etat, lors de la terrible tempête Xynthia, dans laquelle tu t’es fortement engagé.

Sur le plan énergétique, vous avez fait aussi beaucoup, puisque tu as fait le choix de parier sur l’excellence environnementale, investissant sur les énergies nouvelles, notamment en misant sur l’essor de l’éolien, mais aussi sur les projets offshore, et donc il y a là un chemin que tu as ouvert et qui, j’en suis sûre, va monter en puissance.

Je voudrais enfin souligner le très fort attachement à la culture bretonne, (Rires, applaudissements) dans ton travail, même si tu es né en Poitou-Charentes, (Rires) et même en Charente-Maritime, n’oublie pas tes origines. Je sais que tu t’es placé en premier défenseur de l’idée d’une réunification de la Bretagne, à cinq départements, je ne voudrais fâcher personne. (Rires) Mais je crois que… d’ailleurs, j’ai vu tout à l’heure, le drapeau breton, sur le parvis de l’Hôtel du Département, ça ne m’a pas échappé. (Rires, applaudissements) »

 

 

« Bref, cet engagement humain et chaleureux qui fait que nous sommes des amis de longue date est souligné aujourd’hui par cette convergence avec ce thème de la fraternité, mais aussi le thème que nous évoquerons tout à l’heure et qui, je le disais à l’instant, est un des défis essentiels que la société française doit relever dans les années qui viennent par rapport à ses anciens.

C’est pour ça que je me réjouis de poursuivre cette étape de visite de cette exposition et cet échange, par la réunion que nous aurons tout à l’heure sur le thème de la perte d’autonomie des personnes âgées, terme que je préfère à celui de ‘dépendance’, d’ailleurs, que je trouve beaucoup plus réducteur. Et c’est une des principales compétences du Conseil général.

Comment ne pas rappeler que 7% des plus de 60 ans sont aujourd’hui en situation de perte d’autonomie en raison d’une maladie invalidante, soit un peu plus d’un million de personnes, dont plus des deux tiers ont une maladie d’Alzheimer ? On dénombre d’ailleurs 165 000 nouveaux cas chaque année. Et l’évolution démographique faisant, en 2040, les personnes de plus de 75 ans seront 10 millions en France, ce qui représentera 16% de la population contre 8%  aujourd’hui.

 

"La Solidarité", une des images d'archive exposées à l'exposition "Liberté, Egalité, Fraternité, une histoire de solidarités"

C’est donc un défi majeur, qui pèse aujourd’hui très lourdement sur les familles, puis au sein des familles, sur les femmes, on le sait, puis que c’est autour des femmes souvent que s’organisent les solidarités intergénérationnelles, et je crois qu’il ne faut pas céder à des visions alarmistes malgré tout, et voir aussi derrière ces chiffres, au fond, la performance de société qui ont massivement investi dans la santé au cours des décennies passées. Et cette évolution démographique fait que les gens vivent en meilleure santé de plus en plus âgés, et de plus en plus longtemps. Il ne faut donc pas confondre seniors et personnes en perte d’autonomie.

D’ailleurs j’ai été un peu étonnée que dans les dernières décisions gouvernementales, je ne sais pas ce que tu en penses, Jean-Marc, que la barrière des seniors ait été fixée à 45 ans. (Rires) Parce qu’aujourd’hui, il ne faut pas s’étonner, d’ailleurs, le message négatif est en direction des entreprises : quand on annonce une prime de 2 000 euros pour les salariés qui sont embauchés à partir de l’âge de 45 ans, moi j’ai eu beaucoup de réactions dans les entreprises que j’ai visitées, les gens disent : attendez, si à 45 ans… quelle est la cohérence qui consiste à repousser l’âge de la retraite à 67 ans, et à mettre l’étiquette ‘senior’ sur des salariés de 45 ans ? Vous voyez la plus grande confusion et le plus grand désordre, ou la plus grande improvisation dans toutes ces annonces qui sont faites.

Et il ne faut pas confondre senior, salarié âgé et personne en perte d’autonomie, sinon, si on mélange tout, on n’arrive plus à trouver des solutions intelligentes. Vous voyez, aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe ? Il y a une espèce de catastrophisme des chiffres avancés par l’actuel gouvernement pour nous faire croire que les enjeux financiers sont gigantesques, et que par conséquent l’assurance privée est la seule solution. Et ça, ça n’est pas acceptable. Et donc il faut se mettre ensemble pour travailler intelligemment à des solutions durables et des solutions justes.

D’ailleurs aujourd’hui, au moment où je vous parle, je voyais les unes tomber sur les fils des alertes : jamais les résultats des entreprises du CAC 40 n’ont été aussi florissantes. Vous avez entendu ce matin les différentes annonces. Donc il y a bien quand même de l’argent qui arrive sur notre pays, de l’argent qui circule. Et donc l’essentiel, c’est de savoir comment cet argent qui circule est mieux utilisé, comment est-ce que les revenus du capital contribuent davantage à ce réseau de tissu des sécurités sociales au sens large, davantage que les revenus du travail. Et moi je crois que des solutions, même si elles sont difficiles, bien évidemment, [sont possibles.] »

Le Parisien précise par ailleurs que Ségolène Royal a appelé à la « création de pôles publics de l'autonomie, qui regrouperaient les services existants au niveau départemental ».

 

 

 

Et Ouest-France de filmer la conclusion de l’intervention de Ségolène Royal sur la perte d’autonomie des personnes âgées :

« Mais c’est à la fois un formidable progrès social, que l’allongement de la durée de vie, et en même temps, c’est un formidable défi à relever. Et rien ne serait pire que de rejeter le financement de ce défi de la dépendance et de la dignité du grand âge vers les assurances privées et vers le chacun-pour-soi. C’est dire à quel point les valeurs de fraternité devront inspirer les réformes que nous aurons à porter, et que pendant l’année qui nous sépare de cette élection, à quel point nous devons résister contre tout ce qui contribuera à détricoter, à détruire ce réseau de solidarité auquel nous tenons tant, et sans lequel, en effet, les inégalités continueront à se creuser dramatiquement dans notre pays. Voilà aussi l’enjeu majeur que nous aurons à relever dans les années et dans les mois qui viennent. »

Puis Ségolène Royal s’est déplacée dans un établissement pour personnes âgées du Groupe Mutualité Retraite, avant, comme elle l’évoquait dans son discours, de participer à une table ronde sur le thème de la perte d’autonomie.

En marge de ce déplacement à Nantes, Ségolène Royal a été interrogée par la presse sur ‘l’affaire Guérini’ ; elle a répondu :

« Je n'ai qu'un mot à dire, le Parti socialiste doit être exemplaire si nous voulons bâtir une société de transparence, de l'équité, de la fraternité.

Le PS doit bâtir une société basée sur la démocratie, la justice et les valeurs morales.

Nous devons donc être irréprochables. Les Français ont soif de règles justes et transparentes. La légitimité de tout scrutin ne doit être entachée d'aucune façon. »

Puis elle n’a pas souhaité faire d’autre commentaire, pour ne pas tomber dans le piège de la « politique politicienne ».

Frédérick Moulin

Publié dans Ségolène Royal

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