Primaire : l'UMP tente de saper le processus

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Primaire PS : l'UMP tente de saper le processus

LEMONDE | 10.06.11 | 13h50  •  Mis à jour le 10.06.11 | 18h01

  

 

 

Pas question de désarmer. En rentrant de Lille par le train, mardi 7 juin, Jean-François Copé a apostrophé les quelques journalistes avec qui il discutait, à côté du bar du wagon-restaurant : "Quand allez-vous enfin vous résoudre à parler du scandale de la primaire socialiste ?"

Dans l'entourage du patron de l'UMP, on annonce clairement la couleur : "On continuera à dénoncer ce processus, avant, pendant et après la primaire." Et d'appuyer : "Compte tenu de leur longue tradition de triturer les résultats, on les conteste déjà." L'UMP rappelle à l'envi les conditions contestées de l'élection de Martine Aubry à la tête du PS, après le congrès de Reims, en novembre 2008.

Au début du mois d'avril, M. Copé avait lancé une offensive en s'interrogeant sur la légalité du processus mis en place par les socialistes. L'affaire, du côté juridique, ne paraît cependant pas contestable. Les socialistes ont pris le soin de consulter préalablement les autorités nécessaires : Conseil constitutionnel, Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), Commission nationale des comptes de campagne et de financement des partis politiques (CNCCFP), ministère de l'intérieur. Mais qu'importe : l'UMP continue son travail de sape. En attaquant, en substance, sur plusieurs points.

Le parti présidentiel conteste la possibilité, pour le Parti socialiste, de constituer un fichier de sympathisants en récupérant l'identité des participants. Ces fichiers peuvent, en période électorale, servir à mobiliser et à constituer un avantage concurrentiel. "Ils s'engagent à détruire les fichiers électoraux, mais il faut aussi signer une déclaration d'adhésion aux valeurs de gauche. Ce document-là, que deviendra-t-il ?", questionne l'entourage de M. Copé.

"Fichier en négatif"

L'UMP dénonce aussi la constitution d'un "fichier en négatif". En clair, assure M. Copé, un maire socialiste pourrait savoir, par le biais des participants à la primaire, quels sont les sympathisants socialistes dans sa commune... et les autres. "C'est un moyen de faire pression sur des présidents d'association, qui veulent des subventions, ou sur les employés municipaux", juge-t-on au siège du parti présidentiel.

Autre angle d'attaque, plus politique : la primaire socialiste serait une "primaire de bobos". "Vu l'organisation, à la campagne, il faudra faire des kilomètres et des kilomètres pour aller voter... Ce sont des élections pour citadins", martèle-t-on dans l'entourage de M. Copé.

Les maires de droite, qui doivent mettre les fichiers électoraux à la disposition du PS, se font tirer l'oreille. Lors des bureaux politiques de l'UMP, la question est revenue plusieurs fois sur le tapis. Chacun y allant de sa proposition, pour compliquer la vie des socialistes : donner les fichiers sous forme d'une pile de polycopiés, ou sans tenir compte de l'ordre alphabétique...

 

Pierre Jaxel-Truer Article paru dans l'édition du 11.06.11

Publié dans Primaires

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