Offensive DSK ; la gauche résiste

Publié le par tutti 49

21 février 2011

  Par Olivier Schmitt

 

A ses détracteurs, qui lui reprochent son « éloignement de la France », sa « cogestion de la mondialisation » depuis Washington et la « faiblesse » de sa fibre sociale, voire socialiste, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fond monétaire international et candidat non-déclaré à la primaire socialiste pour la présidentielle, a répondu point par point, le dimanche 20 février à la faveur d’un entretien accordé au journal de 20 heures de France 2 et d’une conversation avec les lecteurs du Parisien, publiée le lundi 21 février.

Aux petites phrases distillées par ses proches depuis plusieurs semaines, jusqu’à son épouse, Anne Sinclair qui disait récemment qu’elle ne souhaitait pas que son mari sollicite un deuxième mandat à la tête du FMI, a succédé un plaidoyer plus consistant sur les réformes conduites par DSK au sein de l’organisation mondiale et son engagement, à Washington comme en France, aux côtés de ceux qui « souffrent ».

A l’issue de ces quelques jours sur le territoire français, les questions posées par le calendrier et le choix du présidentiable socialiste restent sans réponse. Le patron du FMI entend le rester le plus longtemps possible. Mais DSK a pris bien soin de répondre à plusieurs critiques qui lui sont invariablement  adressées, comme celle portant sur son appréciation de la situation tunisienne en 2008 – un « exemple pour les pays émergents », disait-il alors – ce qui vaut à la vidéo témoignant de ses déclarations une forte (im)popularité sur YouTube. « On a beaucoup changé, a-t-il expliqué sur France 2. En novembre, au Maroc, j’ai fait un discours sur le Maghreb, je ne vais pas dire que c’était prémonitoire, pas du tout, faut pas faire le malin, mais il disait : « la bombe à retardement dans le Maghreb, c’est la démographie et le chômage des jeunes ». C’est exactement ce qui s’est passé et en Tunisie, et en Egypte. »

Le voici donc, au-delà de ce seul mea culpa, auto doté d’une stature présidentielle – il s’entretient chaque jour avec « les chefs d’Etat et les chefs de gouvernements de la planète » et les enjoint de « dominer la crise sociale » après avoir maîtrisé la crise économique et financière – et d’un viatique pour son éventuelle et de plus en plus probable candidature : le socialisme. « Le socialisme, c’est l’espoir, l’avenir, l’innovation », lâche-t-il sans barguigner.

Parfaitement orchestrée par ses conseils du groupe Euro-RSCG, cette opération de communication a donné l’occasion au favori des sondages – comme celui publié, le 18 février, par l’hebdomadaire Marianne qui le donne vainqueur au second tour contre Nicolas Sarkozy avec 22 points d’écart (61 % contre 39 %) – de redresser son image, brouillée par son éloignement et la méfiance que suscite le FMI dans les familles de la gauche.

Pourtant, elle peine à convaincre ses camarades socialistes et encore plus le patron du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon . La gauche du PS, par la voix de Benoît Hamon, porte-parole, dans Le Monde daté du 22 février, préfère soutenir la candidature, non déclarée elle-aussi, de la première secrétaire, Martine Aubry. Le député européen, de son côté, s’est offusqué sur RTL que l’on donne un tel retentissement au séjour parisien de DSK qu’il juge « consternant ». François Hollande, lui aussi dans les starting blocks de la primaire sans l’être encore tout à fait, n’a pas caché son agacement sur France Inter. Sans jamais le nommer, il dit avoir « entendu le directeur général du FMI s’exprimer », pas le candidat. Mais, à bon entendeur salut !, il a rappelé qu’une élection présidentielle « se joue dès le premier tour ». « C’est une des conditions ai succès et de la réussite au lendemain du second tour », a-t-il ajouté, sous-entendant que DSK n’était peut-être pas celui qui remplissait le mieux ces conditions.

Il faudra attendre le 13 juillet, au plus tard, pour savoir si DSK se lance vraiment dans la compétition. En attendant, il faudra surveiller les activités de la cellule de communication d’Euro-RSCG pour savoir, comme le dit Jean-Christophe Cambadélis, premier lieutenant du patron du FMI,  quand DSK remettra « un euro dans le billard »

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