N'enterrons pas Ségolène Royal...

Publié le par tutti 49

Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 10:09

JPC

Ségolène Royal et Jean-Pierre Chevènement

(Photo de Christine Pichette)

 

 

 

Dans tous les sondages, Ségolène Royal est largement distancée par François Hollande et Martine Aubry. Pourtant, elle semble croire plus que jamais en ses chances de remporter la primaire socialiste. A-t-elle raison d’y croire ?

 

Chez Ségolène Royal, le pronostic est toujours un défi, lancé à elle-même comme à ses concurrents et un certain aplomb, pour ne pas dire un aplomb certain, lui tient lieu de méthode. Pourtant, depuis quelques jours, chez les élus et dirigeants du PS, on constate un léger changement. Jusque-là ils l’ignoraient, réduisant la primaire à un match Aubry-Hollande. Maintenant, on commence à entendre : « N’enterrons pas Royal trop vite ».

Elle-même, bien sûr va encore plus loin et formule même cette prévision : « Vous verrez, je serai en tête de la primaire ». Oui, en tête. Ce qu’aucun sondage n’annonce aujourd’hui. Elle nous a fait cette confidence jeudi. En enfonçant bien le clou pour répondre au scepticisme suscité par cette prévision : « Vous vous souviendrez du jour et du lieu où je vous l’ai dit ». C’était donc le 16 juin à Radio Classique, on s’en souviendra.

En 2006, face à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, elle avait fait la course en tête d’un bout à l’autre de la campagne interne au PS. Cette fois, elle dit trouver « agréable » son statut d’outsider de ce match de 2011. Car, après la chute de « l’homme providentiel », comme elle qualifie DSK avec ironie, elle parie que les favoris d’aujourd’hui verront leur étoile pâlir. « Après tout, on ne sait pas ce qu’ils valent en campagne », fait-elle remarquer dans un grand sourire, alors que pour elle, Ségolène Royal, « on sait mon envie, mon énergie, ma résistance aux attaques. Dans une campagne, je ne suis pas la plus mauvaise », conclut-elle, sans chercher à faire dans la modestie.

Puisqu’elle est persuadée de remonter, comment compte-t-elle s’y prendre pour inverser la vapeur ? Déjà, elle met les bouchées doubles. Elle multiplie les déplacements et les interviews. Dimanche prochain, elle déclarera officiellement sa candidature – on croyait que c’était déjà fait – depuis le Marais poitevin où François Mitterrand s’était affiché avec elle. Tout un symbole. Et le 29 juin, elle tiendra une grande conférence de presse. Autrement dit, pas question de laisser l’espace médiatique à Martine Aubry qui devrait entrer à son tour en lice ces jours-là.

Ensuite, il y a son positionnement. Son discours tourné vers les catégories populaires plus sensibles que les élites aux questions de sécurité, d’immigration, ou même d’assistanat. C’est la remise au goût du jour de son fameux thème de « l’ordre juste ».

Enfin, comme à son habitude, Ségolène Royal surfe sur l’actualité. En plein mouvement espagnol des Indignés, qui commence à faire tâche d’huile en Europe, elle entend un appel à la « démocratie participative », son thème fétiche. Comme ils disent au PS : « N’enterrons pas Royal trop vite ».

 GUILLAUME TABARD

Publié dans Ségolène Royal

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