M. Aubry hésite à se lancer...

Publié le par tutti 49


Alors que François Hollande et Ségolène Royal font l'actualité, Martine Aubry est étrangement silencieuse depuis quelques jours.

Serait-ce le signe que sa décision de se porter candidate à la primaire socialiste n'est pas encore prise ? Certes, elle a récemment affirmé qu'elle "prendrait ses responsabilités". Mais n'a-t-elle pas aussitôt ajouté "de là où (elle) serait" ? 

Martine Aubry est la fille de Jacques Delors, qui comme chacun le sait, a refusé de se lancer dans la bataille présidentielle de 1995. Elle est une démocrate-chrétienne à la mode Jospin, et quand on se souvient de la motivation de ce dernier à devenir président en 2002... Autrement dit, Aubry n'est pas une foudre de guerre de campagne électorale.

Si elle s'est retrouvée première secrétaire du PS, à l'insu de son plein gré comme disait un célèbre cycliste, c'est uniquement au terme d'une étonnante pièce tragi-comique dont seul son parti a le secret : l'alliance contre-nature du "Tout sauf Ségolène".

Certes, on doit lui reconnaître quelques qualités. Ces derniers mois, elle a plutôt pas mal joué la partition qui était la sienne de rassembleuse du parti. Et elle a plutôt bien réussi la synthèse, notamment en acceptant que
50 % du projet socialiste soit le fruit des idées novatrices de Ségolène Royal.  

Mais si elle se présente, elle devra se retirer des manettes de son parti, car on ne peut évidemment être à la fois joueur et arbitre. Et en ce cas, les risques de fragmentation du PS seraient énormes. Comment ensuite recoller les morceaux ?

Ses "responsabilités" ne seraient-elles pas plutôt de continuer à œuvrer pour préserver l'unité socialiste ? Elle resterait alors la garante du bon déroulement des primaires (une super arbitre, neutre) et soutiendrait le candidat vainqueur, quel qu'il soit, en faisant en sorte de mettre tout le parti derrière lui en 2012. Ne s'est-elle pas récemment affichée sans réserve avec Ségolène ? Je n'ose croire qu'il ne s'agisse que d'une manœuvre de stratégie bassement politicienne...

Enfin, il est à noter que Martine Aubry véhicule une image fortement marquée "appareil du PS". Ne sera-ce pas un trop gros handicap au moment de réunir toutes les forces de gauche au deuxième tour ? Ses ennemis intimes que sont Chevènement et Mélenchon feront-ils l'effort de passer l'éponge ? Les Hulot et Bové lui pardonneront-ils son relatif désintéressement de l'écologie ? 

A l'inverse, en ne se présentant pas, Martine Aubry mettrait tout son poids dans la balance pour faire gagner la gauche, avec en prime, de bonnes chances de devenir Premier ministre.

Tel est son dilemme. C'est évidemment à elle de décider.

 

par Yvounet

Publié dans PS

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