Les socialistes s'interrogent sur les silences d'Aubry

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Les socialistes s'interrogent sur les silences d'Aubry

Par François-Xavier Bourmaud
14/06/2011 | Mise à jour : 09:14
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Martine Aubry au siège du Parti socialiste, à Paris, le 17 mai dernier, trois jours après l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn.
Martine Aubry au siège du Parti socialiste, à Paris, le 17 mai dernier, trois jours après l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Les candidats aux primaires ne comprennent pas les «hésitations» de la première secrétaire.

Avec l'empêchement forcé de Dominique Strauss-Kahn, une question lancinante se pose à nouveau au PS : où est passée Martine Aubry ? Régulièrement critiquée pour ses absences de la Rue de Solferino et sa propension à passer davantage de temps dans sa mairie de Lille qu'au siège du parti à Paris, la première secrétaire avait réussi, à force, à imposer son rythme et son calendrier aux socialistes. Ces derniers temps, le timing était clair : défense du projet du PS jusqu'à son adoption en convention nationale le 29 mai et ouverture des primaires le 28 juin. Entre les deux, «discussion privée» avec Dominique Strauss-Kahn pour décider lequel des deux serait candidat.

«La décision se prend en une heure»

L'ancien directeur général du FMI étant sorti du jeu, c'est donc Martine Aubry qui doit se déclarer. Son entourage dément que tout ait été calé, avant le 14 mai fatal de DSK, pour le retour du directeur du FMI. «C'est une grossière erreur que de croire cela. Compte tenu de la crise grecque, la décision n'était pas prise » assure-t-on. « J'ai toujours pris mes responsabilités, les Français le savent et je les prendrai, là aussi » assurait Martine Aubry fin mai, en rappelant son souci de respecter les échéances du parti. Pour une éventuelle déclaration de candidature, il ne faut donc rien attendre avant le 28 juin, date du début des primaires. Quitte à donner l'impression d'un «passage à vide» en juin ?

Les adversaires de la première secrétaire mettent en tout cas à profit la période pour accréditer l'idée d'une «candidature de substitution » et insister sur les atermoiements de la première secrétaire, elle aussi orpheline de DSK comme les strauss-kahniens. C'est Ségolène Royal qui fait part de sa «conviction personnelle» que la chef du PS «hésite encore». C'est Arnaud Montebourg qui décèle chez elle les signes d'une «hésitation profonde». C'est François Hollande qui répète à l'envi avoir, lui, «mûrement réfléchi» sa candidature, et ce depuis longtemps. À leur façon, les adversaires d'Aubry s'appuient sur son silence pour avancer dans leur campagne.

Proche de Martine Aubry, Marylise Lebranchu balaie les interrogations sur les hésitations supposées de son amie. Pour l'ancienne garde des Sceaux de Lionel Jospin, Martine Aubry «est une femme prête. C'est une femme d'État, elle a l'expérience, elle a tout. Quant à la décision, cela se prend en une heure. Mais la réflexion personnelle ne sera intéressante que si le reste fonctionne». Le reste, c'est la présentation du projet aux Français, qui se poursuit en juin, mais pas seulement. Il y a aussi les négociations pour un accord de gouvernement avec les alliés traditionnels du PS. Mais dans l'attente de savoir qui, de Nicolas Hulot ou d'Eva Joly, représentera les écologistes à l'élection présidentielle, et de voir dans quelles conditions Jean-Luc Mélenchon sera désigné comme le candidat du Front de gauche, les discussions sont en suspens. Elles se poursuivent en revanche avec les socialistes allemands du SPD, que Martine Aubry reçoit le 21 juin pour bâtir un «contre-pacte» à l'alliance entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

Bref, Martine Aubry est «à la manœuvre. Elle est première secrétaire, pas candidate» dit un proche. Pour Marylise Lebranchu, «elle est dans les tâches de fond, pas dans les tâches médiatiques». Elle s'en acquittera tout de même d'une, le 16 juin prochain sur TF1, pour participer à l'émission «Parole directe». Si elle respecte les échéances, ce sera toujours en tant que chef du PS.

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