L'UMP à la chasse aux électeurs du FN.....

Publié le par tutti 49

La semaine folle de l'UMP, à la chasse aux électeurs du FN - 05 Mars 2011 Par

On se souviendra longtemps de ces six derniers jours comme de la semaine où Nicolas Sarkozy a dégainé son «plan anti-FN» pour 2012, destiné à siffler l'électorat de Marine Le Pen. Un «plan anti-FN», Jean-François Copé en avait commandé un très officiellement le 15 décembre dernier à trois élus représentatifs des courants de la majorité (Catherine Vautrin, Thierry Mariani, Marc-Philippe Daubresse). Mais rendue à la mi-février, leur copie a été jugée trop molle, trop centriste: Jean-François Copé l'a passée à la broyeuse, sans qu'on en lise une ligne. Visiblement, la majorité s'est trouvé un plan de rechange, improvisé à l'Elysée dans le feu des révolutions arabes.

 

Au fil de la semaine, on en a saisi chacun des ressorts; ils ont paru, chaque jour un peu plus, rapprocher l'UMP du Front national. Au point que les centristes de la majorité, ce week-end, se frottent les yeux pour y croire. Samedi, dans un entretien à Libération, Laurent Hénart (numéro 2 du parti valoisien de Jean-Louis Borloo) s'arrache ainsi les cheveux: «L'UMP n'arrivera jamais au sprint devant Marine Le Pen, auprès des électeurs du FN, en courant dans le même couloir!» Un sondage pour Le Parisien à paraître dimanche, qui donne Marine le Pen en tête au 1er tour face à Nicolas Sarkozy et Martine Aubry semble lui donner raison. C'est pourtant le plan de l'Elysée. Il suffit d'assembler toutes les pièces du puzzle pour le comprendre: l'UMP vient de se lancer, sans filet, à la poursuite du Front national.

 

Instrumentaliser les révolutions arabes. Comment comprendre autrement l'allocution présidentielle de six minutes, dimanche 27 février, sur le remaniement gouvernemental. Nicolas Sarkozy explique soudain que le changement de ministre de l'intérieur est destiné à mieux «protéger les Français». De quoi? Des «événements à venir»; des possibles «conséquences (des révolutions arabes) «sur des flux migratoires devenus incontrôlables». Le chef de l'Etat glisse: «Nous ne devons pas avoir peur.» Cette figure de style porte un nom: l'antiphrase. Elle signifie: «Je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur, comme vous.»

 

Jeudi soir, sur France-2, interrogé sur la réalité du «risque migratoire» au lendemain des renversements de Ben Ali et Moubarak, Jean-François Copé enfonce le clou: «Bien sûr ! Le risque existe à partir du moment où il y a des filières d'immigration clandestine.» En duplex, Marine Le Pen ajoute juste un adjectif: «Nous sommes face à un risque de flux migratoire majeur Entre les deux, désormais, c'est une différence de degré. A côté, Dominique de Villepin et François Bayrou semblent ne plus avoir un seul gène en commun avec le patron de l'UMP. Ils rappellent, de concert, la réalité: «La vague n'est pas là !», pour le leader du Modem; «le risque (migratoire) est faible, voir inexistant», pour le président de République solidaire, qui constate plutôt «une urgence de déplacements de populations à l'intérieur du Maghreb» (en référence aux réfugiés qui ont fui la Libye et tentent de rentrer chez eux).

 

La machine élyséenne est lancée: vendredi, Claude Guéant, le nouveau «premier flic de France», choisit Nice pour son premier grand déplacement, afin de mettre en scène la peur à nos frontières. Le ministre demande solennellement aux Italiens «de retenir les personnes qui se présentent chez eux» et de reprendre «celles qui leur sont renvoyées» par la France. C'est que la place Beauvau a compté: 436 migrants irréguliers (pour la plupart tunisiens) ont été arrêtés dans les Alpes-Maritimes en février, dont 250 ont déjà été reconduits en Italie. Si l'on suit bien, l'exécutif déclenche le branle-bas de combat pour... 186 clandestins. Clairement, l'Elysée parie que les électeurs du Front national sauront apprécier.

Publié dans Mafia

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Eliane Lecoeur 07/03/2011 06:26



Harris va recommencer un sondage communique cet institut ce lundi matin, en prenant en compte DSK et Hollande. Pourquoi pas la reine d'Angleterre ?


Les résultats du précédent ne plaisaient pas.... Ce qui me semble grave c'est ce que va dire le FN qui, une fois de plus va être victimisé et va parler de truquage ce qui n'est pas entièrement
faux ! Depuis la sortie dudit sondage, quelle publicité pour M. Le Pen , Elle n'en demandait certainement pas tant !


Nous sommes toujours dans la problématique d'un DSK qui déciderait de se présenter - il souhaiterait le faire sans passer par les primaires, quel courage ! - et d'un Hollande que nous voyons,
entendons sur tous les plateaux et dans tous les médias à moins que ce ne soit pour faire admirer les résultats de sa cure de mise en forme !


Bref, ces sondeurs manquent vraiment de conscience professionnelle, d'objectivité. Par contre, rappelons-nous qu'ils sont grassement payés avec nos deniers.