L'entente Edgar Morin - Sgolène Royal

Publié le par tutti 49

L’entente Edgar Morin – Ségolène Royal

A Poitiers, au cœur de la région dirigée politiquement par Ségolène Royal, s'est tenue en 2010 la 10ème Université internationale d'été dont le thème était consacré à l'impératif « Changer de voie ».

 

Cette université d'été comprenait quatre jours de conférences assumées par et devant les chercheurs internationaux les plus importants. L'objectif était de concrétiser la politique de civilisation chère au sociologue Morin dont la renommée est internationale.

 

Quatre orientations majeures étaient à parcourir :

 

changer de voie avec un territoire humain qui protège et écoute ;

  • changer de voie en s'engageant dans la sociale-écologie avec la croissance verte ;
  • changer de voie pour un autre modèle de développement économique ;
  • changer de voie par la méthode démocratique, avec la transparence de l'action régionale, la parité, la démocratie participative.

Edgar Morin avait inauguré l'événement en compagnie de Ségolène Royal. Evidemment, la presse nationale en avait à peine parlé, puisqu'il s'agissait d'un événement politique sérieux qui nécessitait une implication de qualité et non une écoute superficielle avide de petites phrases.

 

L'entente Ségolène Royal - Edgar Morin mérite pourtant une plus grande attention.

 

L'envergure d'Edgar Morin

 

Le sociologue n'a pas hésité à installer à Poitiers son Institut international de recherche sur la politique de civilisation, créé en 2000. Il y réunit chaque année des scientifiques et de nombreux acteurs politiques et associatifs qui sont intéressés par la nécessité de trouver une alternative au capitalisme et au socialisme marxiste et qui explorent les pistes tracées par Edgar Morin même.

 

En 2010 comme en 2009 déjà, l'Institut a abordé les grands défis auxquels nous sommes confrontés : le défi politique en quête d'une politique de l'humanité ; le défi éthique redéfinissant les relations entre éthique et politique ; le défi écologique ; le défi de la connaissance, tourné vers la complexité.

 

Les propositions du sociologue ont été rassemblées dans le livre intitulé Ma gauche (François Bourin éditeur, 2010). Morin y a réuni ses principaux textes politiques publiés de 1988 à 2010 ainsi que quelques inédits. Dans la foulée, Edgar Morin a publié La Voie (2011).

 

La lecture de Ma gauche est passionnante. On y suit une pensée ambitieuse, qui réfléchit à l'échelle de la planète et de l'histoire, qui n'épargne rien et s'ouvre à des voies nouvelles qui ont nom « politique de l'humanité », « politique de civilisation ». Comme ces voies rejettent la notion actuellement consensuelle de développement durable, elles méritent d'être étudiées de près.

 

Quant à la suite qu'est La Voie, elle a le grand mérite de mêler très étroitement la vision nouvelle et les mesures pratiques qui l'illustrent.

 

La convergence entre Edgar Morin et Ségolène Royal

 

Pourquoi existe-t-il à Poitiers cette convergence entre la pensée d'un grand intellectuel contemporain et l'action de l'ancienne candidate à la Présidence de la République ?

 

Parce que ce grand intellectuel, qui milite depuis près de trente ans pour proposer une politique de civilisation, voit en Ségolène Royal, qui se réclame de lui, celle qui fait vraiment entrer ses idées dans les faits en terre de Poitou-Charentes, et que cela constitue une illustration exemplaire des idées en question.

 

On se rappelle que Sarkozy avait tenté de récupérer la « politique de civilisation » d'Edgar Morin et que la prétention fut tellement ridicule qu'elle ne constitua qu'un feu de paille. Telle n'est évidemment pas la situation avec Ségolène Royal.

 

Si Edgar Morin soutient fidèlement Ségolène Royal, c'est parce qu'avec elle, comme il le déclare, « une voie nouvelle existe, est créée ». C'est même à ses yeux un travail exemplaire pour d'autres régions et pour la France. Et quand on lui demande pourquoi Ségolène Royal dérange, il répond sans hésiter : « tout ce qui innove dérange ».

 

Quant à l'intéressée, elle affirme haut et fort qu'elle réalise en région les thèses du grand sociologue, à travers les coopératives ouvrières de production, les maisons de santé, les contraceptifs gratuits, etc. Ce qu'elle appelle la « politique par la preuve » n'est pas seulement une déclaration de cohérence à l'égard de ses propres propositions programmatiques à elle, c'est d'abord et surtout une déclaration de fidélité concernant le plus prestigieux programme politique de long terme qui soit, la « politique de civilisation » d'Edgar Morin. Car Ségolène Royal y a trouvé ses plus belles inspirations. Par ailleurs, elle a trouvé dans l'altermondialisme ses plus novatrices propositions pour le niveau international.

 

Quand l'heure viendra des confrontations d'idées à gauche, il faudra se souvenir de l'entente Morin-Royal, car elle dépasse de très loin toutes les suggestions faites à gauche pour gouverner demain la France en répondant au défi mondial qui nous est posé.

 

Noël Nel

Publié dans Ségolène Royal

Commenter cet article