L'affaire Mahéas...

Publié le par tutti 49

Pourquoi a t'il fallu tant de temps au PS pour s'intéresser à Jacques Maheas ?

La tactique du "pas vu, pas pris" prévaut-elle dans toute la classe politique, tous bords confondus ?

C'est la question qu'on est en droit de se poser quand on jette un regard sur l'affaire Mahéas, du nom de ce sénateur-maire, condamné en 2004 d'abord, condamnation confirmée en 2010, au terme d'une très longue procédure, pour agression sexuelle sur l'une de ses ex-employées de mairie.

Il aura donc fallu que l'affaire en question sorte d'abord dans la presse, puis fasse l'objet d'un reportage sur France 2 dans Complément d'enquête pour qu'enfin, le PS daigne s'en émouvoir et parler d'éviction, et dont le cas fera l'objet d'une décision devant la commission des conflits du PS.

Dans ce reportage sur France 2, on pouvait y voir la victime condamnée à faire des ménages pour subvenir à ses besoins, tandis que Jacques Mahéas, élu depuis 1976 et surnommé le "Balkany de Seine St Denis" continue, lui, à exercer pleinement ses fonctions sans être inquiété par le parti qu'il représente.

Et se pose en victime, en plus.

Que penser de cette affaire qui embarasse aujourd'hui tant le PS ?

Martine Aubry, pourtant contactée lors du début de cette procédure n'avait déjà pas daigné y répondre, pas plus que lors de ce reportage, quand les journalistes avaient vainement tenté de la joindre sans plus de succès.
Que Benoît Hamon, lui-même interpellé par Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes, n'avait donné des suites à l'affaire, avant de finir par réclamer son exclusion du PS tout dernièrement .

Tant de temps sans réaction, et surtout sans soutien pour la victime, et aujourd'hui seulement des voix qui s'élèvent, s'indignent, et réclament l'éviction de l'agresseur, qui lui, persiste à se dire victime d'un lynchage médiatique, se compare à Dreyfus, et n'hésite pas à parler de complot.

Aujourd'hui, quelques membres du Ps n'hésitent plus à réclamer l'eviction de Mahéas.
Le Fol, proche de Hollande, Assouline, Valls.  François Lamy, le lieutenant d’Aubry, a même tenté d’aller encore plus vite en essayant de convaincre Mahéas « de se mettre lui-même en dehors du PS » Ce qui arrangerait sans doute tout le monde.

Tout cela à cause de l'affaire de Dominique Strauss Kahn, disent les uns et les autres, sans s'étonner qu'il ait fallu tout ce temps pour qu'enfin on s'intéresse à l'histoire.

Il aura surtout fallu que la pression médiatique s'intensifie, que la presse dévoile l'histoire de cet élu au PS pour que les dirigeants s'émeuvent enfin. Que les articles, les gros titres obligent finalement le PS à faire ce qu'il aurait du normalement faire, un élu condamné par deux fois pour agression sexuelle, ça fait un poil désordre tout de même. Non ?

D'où ma question en préambule, la tactique du "pas vu pas pris" prévaut-elle donc dans tous les partis, tous bords confondus ?
On se serre les coudes, on se protège, et on s'étonne ensuite que les français ne croient plus en leurs politiques ?

Le PS dont l'image souffre déjà de l'affaire DSK, mais aussi de l'élection douteuse de sa première secrétaire, de ses différentes affaires et de certains de ses membres, de Guérini à Frêche n'a pas su saisir l'occasion, et donne là encore le sentiment de protéger les siens, son clan, au détriment d'une victime qui a tout perdu.

Aujourd'hui, quelques uns comme Benoît Hamon et et Gaëlle Lenfant, secrétaire nationale au droit des femmes, demandent l'exclusion de Jacques Mahéas du parti et estiment que ses actes et sa condamnation "sont de nature à porter préjudice au parti".

Tard.
Trop tard ?

Sources : Le Parisien, Arrêt sur Images, France Soir, Le Monde, Complément d'enquête

Publié dans PS

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