DSK, embrouilleur patenté.

Publié le par tutti 49

Ira, Ira pas ?Le passage de Dominique Strauss-Kahn à Paris relance les spéculations sur sa candidature à la présidentielle. La correspondante du quotidien belge Le Soir n'est pas loin de trouver ridicule le faux suspense entretenu par le patron du FMI.

 

Un clin d'oeil ? Un pouce levé ? Un pied qui remue en signe d'impatience ? A partir de ce vendredi 18 février et durant tout le week-end, les moindres faits et gestes de DSK vont être scrutés à la loupe. Le directeur général du FMI assistera à Paris à la réunion des ministres des Finances du G 20. C'est peu dire qu'il va voler la vedette aux grands argentiers de la planète. D'autant que DSK grand orfèvre de la communication, a un plan média taillé sur mesure : une rencontre avec les lecteurs du journal Le Parisien et une interview au "vingt heures" de France 2 dimanche soir. En profitera-t-il pour déclarer sa candidature à la primaire socialiste, en vue de la présidentielle de 2012 ? Très peu probable. Les statuts du FMI interdisent purement et simplement au patron de s'exprimer sur la politique française sous peine - on ne rigole pas à Washington, au siège de l'institution ! - d'être contraint à la démission. En revanche, rien ne l'empêche de manier le langage subliminal. Il faudra brancher le décodeur et guetter la petite formule à double sens sur le prix des matières premières (important pour le pouvoir d'achat des Français, ceci), ou la régulation et la croissance mondiale (primordial pour l'emploi dans l'Hexagone, cela)...

 

Pourquoi tant d'agitation autour de l'ancien ministre français des Finances ? A cinq mois de la date fixée pour le dépôt des candidatures à la primaire du parti socialiste, il ne devrait pas y avoir le feu au lac. "Son silence commence à agacer", note le politologue Gérard Grimberg, directeur de recherches au CNRS. "L'opinion est versatile", prévient pour sa part Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l'Ifop. Volatiles, les sondages ? Et comment !

 

Auprès des sympathisants de gauche, DSK perd de précieux points (jusqu'à moins 14 dans la dernière enquête Ipsos pour Le Point). Ses atermoiements ne font pas que lasser. Ils laissent aussi à ses rivaux le temps d'installer leur candidature. Ségolène Royal et François Hollande taillent leur route, déterminés à aller jusqu'au bout de la primaire. Quant à Martine Aubry, bien malin qui peut encore sonder les intentions de la première secrétaire du parti socialiste. Pourrait-elle s'émanciper du fameux "pacte de Marrakech", ce traité de non-agression qu'elle avait conclu avec Dominique Strauss-Kahn dans son riad marocain avant de prendre le parti à l'automne 2008 au congrès de Reims ? Mystère...

 

Si DSK pourrait profiter du week-end pour glisser un orteil dans la piscine politique française, une partie de la presse est déjà convaincue qu'il a plongé la tête la première dans la prochaine campagne. "DSK, c'est parti !" titre ainsi le Nouvel Observateur cette semaine. L'hebdo indique que le patron du FMI aurait pris sa décision "parce qu'il croit qu'il peut battre Sarkozy, parce qu'il pense que son projet pour la France est adapté aux exigences de l'heure, parce qu'il ne voit pas, dans le cheptel socialiste, celui ou celle qui réunit, mieux que lui, cette double exigence", écrit l'hebdomadaire. Dominique Strauss-Kahn aurait confié sa décision à Laurent Fabius. "Faux !" réagit l'ancien Premier ministre. Mais quand on sait le secret que la "war-room" de l'homme de Washington veut entretenir sur sa candidature, quelle valeur accorder à ce démenti.

 

Vu la violence des attaques de ces derniers jours, Christine Lagarde, Pierre Lellouche ou Laurent Wauquiez, entre autres, sont montés au créneau pour critiquer son éventuelle candidature. Christian Jacob, chef du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a déclaré que DSK ne représentait pas "l'image de la France des  terroirs et des territoires", la droite semble convaincue de connaître son adversaire. Un homme face auquel Nicolas Sarkozy partirait affaibli. Selon un sondage Ipsos pour Le Point, 63 % des Français ne souhaitent pas voir l'actuel locataire de l'Elysée briguer un second mandat.

Publié dans FMI-DSK

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