Coup, culot et mayonnaise (suite)

Publié le par tutti 49

Coup, culot et mayonnaise (suite)

Gabale juin 17, 2011 Politeia

Je n’aime pas d’ordinaire relayer servilement des textes écrits par d’autres. Mais il faut bien faire des exceptions de temps en temps. Et le texte qui va suivre en est une. Il a été écrit par l’équipe de Ségolène Royal.

Si je le reproduis en intégralité dans le cadre de ce blog, c’est bien entendu parce que je souscris à son contenu et que je suis lassé du manège de certains éditorialistes qui prennent un malin plaisir à parler de l’action politique de Ségolène Royal avec condescendance, ironie, voire dédain.

C’est bien simple, chaque fois que Ségolène Royal se manifeste dans le débat public, le même processus de dénigrement se met en place : on insiste sur son prétendu culot ; on parle de ses « coups médiatiques » ; on caricature ses propositions sous couvert d’une analyse prétendument distanciée et objective.

Au fur et à mesure que la campagne des primaires va s’intensifier, que va-t-on nous ressortir ? Que Royal est certes une gourde pleine de « bravitude » mais incompétente ? Qu’elle est illuminée ? Qu’elle est à la tête d’une secte ? Qu’elle pratique la politique spectacle ? Qu’elle est entourée de fans ? Qu’elle est laxiste un jour ou autoritaire un autre ?

Quels seront les prochains clichés ? Quels seront les prochains sujets d’agacement de la nomenklatura médiatique ?

J’en déduis donc que Ségolène Royal demeure l’adversaire le plus dangereux pour Nicolas Sarkozy.

Elle clive le débat politique.

La fable du coup, du culot et de la mayonnaise

Revoilà fleurir depuis quelques jours les mêmes mots à propos de l’action de Ségolène Royal pour dénigrer et disqualifier.

Défendre des causes et faire des propositions ce n’est pas faire des « coups  ».

Avoir du courage, ça se réduit au « culot » et son action politique serait une « mayonnaise ».

Ainsi donc, « Ségolène Royal ferait  des coups ». Ségolène Royal aurait  du « culot ». Sans vouloir faire offense à certaines plumes, parfois éminentes,  il faut singulièrement manquer de vocabulaire ou d’objectivité pour s’en tenir à ces sempiternels clichés.

- Pourquoi parler de « coup », lorsque Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, participe à une table ronde en présence du Chef de l’Etat pour défendre les agriculteurs de sa région  et proposer des mesures concrètes comme le blocage du prix du fourrage, et la réquisition de l’exportation des céréales.

- Est-ce un coup que de vouloir dialoguer de façon républicaine avec le Président de la République, dans sa propre région ?

- Est-ce un coup d’avoir anticipé et débloqué une prime d’urgence de 1000 euros pour aider les agriculteurs à faire face à la sècheresse ?

- Est-ce un coup de faire face à ses responsabilités, de tenir sa place ? Pourquoi parler de « culot » alors qu’il fallait du courage , de la ténacité, de la persévérance  pour participer à un événement qui tenait plus d’un meeting de l’UMP que d’une table ronde ?

- Et que n’aurait-on dit si Ségolène Royal ne s’était pas déplacée ? Les mêmes se seraient faussement étonnés : « mais où est donc passée Ségolène Royal ? »

- Pourquoi parler de « coup » pour qualifier  la rencontre avec José Bové, le 14 Juin à Poitiers alors que c’est la défense des faucheurs d’OGM, il y a plusieurs mois,  qui a sollicité le témoignage de Ségolène Royal. Pour quelles raisons? Parce ce que la région Poitou Charente a été dès 2004 la première région sans OGM à s’engager dans l’agriculture durable.

- Pourquoi parler de « coup » pour la venue de Jean-Pierre Chevènement à une Université Populaire? Jean-Pierre Chevènement a été l’un des plus fidèles alliés de Ségolène Royal en 2007. Ils partagent tous les deux des valeurs fortes : la République, l’idée de Nation , la volonté de transformer la mondialisation et non pas de se contenter de l’accompagner. Dix-huit Universités populaires ont eu lieu, ce ne sont pas des « coups » mais un travail considérable de Ségolène Royal.

- Est ce un « coup » ou bien la rencontre publique de deux personnalités politiques qui ont des idées à faire partager aux citoyens ?

- Qu’est-ce que c’est qu’une candidate « jusqu’au-boutiste » ?  Une candidate, par définition dépose une candidature. Point.

- La « mayonnaise » qui prend ou pas ? Mais de quoi parle-t-on ? Cuisine ( la place des femmes) ou d’une élection présidentielle (le temps des femmes).

- Pourquoi ces clichés ,  ce mépris , cette condescendance,  comme s’il fallait toujours réduire les actions de Ségolène Royal à des « improvisations » légères . En seraient-ils capables , tous  ces esprits si sûrs d’eux ?

Evidemment Ségolène Royal dérange comme tous ceux qui bougent, qui avancent, qui réforment, qui défendent ceux qui souffrent. Quand on ne fait rien, on ne dérange personne.

Ce que les Français doivent savoir, c’est qu’avec Ségolène  Royal, ils seront écoutés, protégés, défendus,  et que son souci  n’est pas de se protéger elle, ni de vouloir le pouvoir pour le pouvoir, mais d’être là pour agir, avec eux et pour eux.

A la regarder, tous ceux qui la critiquent, s’habitueront.

 

Gabale dit encore  :

17 juin 2011 à 12 h 47 min

J’aimerais que le langage médiatique, déjà réducteur, soit rigoureusement le même pour tous les candidats aux primaires. Or, je ne le crois pas. Le parti-pris, teinté de goguenardise, n’est jamais loin dès lors qu’il s’agit d’évoquer l’action politique de Ségolène Royal. Le précédent de 2007 est suffisamment frais pour qu’on s’en rappelle.

 

Dans les rédactions, on s’est fait une spécialité dans la prédiction des duels au second tour de la présidentielle. Pendant des mois, ce fut l’hypothèse DSK. Enfin non. Pas l’hypothèse DSK . La certitude DSK alors même que l’intéressé n’avait pas fait part de ses intentions. Il était évident pour le landerneau médiatique que DSK se présenterait, qu’il serait investi triomphalement et qu’il ne ferait qu’une bouchée de Nicolas Sarkozy. Un fait divers en a décidé autrement.

 

Dès lors, faute d’homme présidentiel, les médias montent en épingle les candidatures de François Hollande et Martine Aubry (qui elle ne s’est pas déclarée… mais les déclarations de dernière minute, on sait que c’est son dada ; il suffit là encore de se remémorer les manœuvres du Congrès de Reims). Royal ? Enterrée pardi ! « Une renaissance qui est une fiction » comme l’écrit Noblecourt dans Le Monde. Sauf que l’intéressée a l’incorrection de remuer encore et, par-dessus le marché, d’indiquer qu’elle ira jusqu’au bout du processus des primaires.

 

Royal est donc « jusqu’au boutiste » mais pas les autres candidats à l’investiture. Curieux. Il y aurait donc une spécificité Royal imaginée par certains journalistes, spécificité d’autant plus insupportable qu’elle a en plus l’outrecuidance de dénoncer le traitement qui lui est réservé. Bientôt on dira quoi ? Que sa candidature n’est pas légitime, qu’elle portera la responsabilité d’une autre défaite de la gauche si jamais elle venait à être investie ?

 

En fait, il faudrait qu’elle ne dise rien, qu’elle ne pense rien, qu’elle n’agisse pas. Bref, qu’elle se retire de la compétition en silence.

 

Les journalistes ne s’y méprennent pas. Ils savent que parler de Royal crispe ses soi-disant amis (cf. Elisabeth Guigou qui s’est faite connement rouler dans la farine par une journaliste de Canal +).

 

Si l’on poursuit sur cette lancée, le rendez-vous de 2012 sera une veste.

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