Aubry cherche à créer le besoin... d'Aubry !

Publié le par tutti 49

Sur TF1, Aubry cherche à créer le besoin… d’Aubry !

Gérald Andrieu - Marianne | Vendredi 17 Juin 2011 à 05:01

Invitée de TF1, Aubry ne s’est pas déclarée candidate. Certes, se dévoiler sur cette chaîne aurait été symboliquement une erreur. Mais elle aurait au moins pu suggérer aux téléspectateurs qu’elle était prête à tomber le costume de «chef de parti» pour enfiler l’armure de «chef de guerre». Ce n’est que partie remise: rendez-vous leur a été donné «à partir du 28 juin» prochain…  

Aubry n’a pas craché sa Valda. À douze jours du dépôt des candidatures pour la primaire, la Première secrétaire du PS est restée fidèle au cap qu’elle s’est fixé : respect du calendrier et promotion du projet. Trop fidèle peut-être…

 

Certes, se déclarer sur TF1, la « chaîne ami » de « l’ennemi Sarkozy », aurait été symboliquement une erreur. Mais tout de même : comment ne pas profiter de cette opportunité-là, de ces centaines de milliers de spectateurs rivés derrière leurs écrans pour se dévoiler un peu plus qu’à son habitude ? Le maire de Lille, tout en taisant sa candidature, aurait pu se montrer sous un jour différent. Elle aurait pu tomber, ne serait-ce que quelques secondes, le costume de « chef de parti » pour enfiler l’armure de « chef de guerre » prêt à en découdre. Elle aurait au moins pu le suggérer. Las, elle s’est appliquée soigneusement à ne pas sortir des clous du programme socialiste : création de 10 000 postes de policiers et gendarmes, lancement d’une Banque publique d’investissement pour aider les entreprises qui innovent, etc. Et il en sera ainsi jusqu’au 28 juin, date « à partir » de laquelle elle a assuré qu’elle « [s’exprimerait] devant les Français ».

 

Même la photo de son père Jacques Delors, qui lui a été projeté au cours de l’émission, n’y aura rien changé : « J’ai plutôt envie de parler de la tendresse qui nous lie », lâche-t-elle avant d’ajouter, à destination de Laurence Ferrari, de son acolyte François Bachy et sans doute aussi des Français : « Je comprends votre impatience ». Comme si Aubry cherchait à faire sienne cette méthode usée jusqu’à la corde par les « marketeux » qui consiste à créer le besoin…

 

Mais l’ancienne collaboratrice du patron des patrons Jean Gandois devrait pourtant le savoir : le marché repose sur une loi, celle de l’offre et de la demande. Et pour qu’il y ait demande et besoin, encore faut-il que le consommateur-électeur sache quel produit-candidat on cherche à lui refourguer…

Publié dans PS

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